« Rabbi Jacob », « La vérité, si je mens », faut-il choisir ? Sonia Devillers se penche ce matin sur deux grandes familles du judaïsme, le choc des cultures et des générations.

Mon premier est sorti en 1973 et devait être à peu près le seul film pour lequel nous étions autorisées à nous coucher tard, ma sœur et moi, tant il faisait rire ma maman. Elle n’était pas la seule. Huit millions d’entrées, c’est dire combien les Français se tiraient sur la papillote, « pentire » et le « rinart argenti » à la clé, c’est dire combien Rabbi Jacob, il a dansé.

Mon second est sorti en 1997. Signé Thomas Gilou, premier opus d’une grosse marrade. Cinq millions de personnes se sont gondolées dans les cinés. C’est dire si elle ment, la vérité, qui repasse ce soir, sur W9.

Mon tout est cette question : « Rabbi Jacob », « La vérité, si je mens », faut-il choisir ?

« La vérité si je mens », comme tout ce qui touche de près ou de loin Richard Anconina, plus daté et plus ring’, tu meurs. Mais vu que le film met en scène une bande de gros ringos du sentier, ça passe ! Quant à Anconina, SDF qui se fait passer pour un juif séfarade, enquillant bourdes et affreux clichés pour coller aux rites de la communauté, il est vite rejoint par des braillards testostéronés, que lie à la vie, à la mort, l’amitié. Mention spéciale pour José Garcia et Gilbert Melki dont on découvrait à l’époque un sens jouissif du burlesque qui, à mon avis, crève encore l’écran.

Quoique… L’atrabilaire, Victor Pivert demeure un maitre en la matière. Indépassable Gérard Oury. Louis de Funès qui dit « vouiii » et qui doit se fondre parmi les juifs askhenazes de la rue des Rosiers. Même mécanique comique. Tout y passe, de son ignorance à son racisme franchouillard, tout est prétexte à gaffe et malentendu, jusqu’à réconciliation des religions. A la baguette, Vladimir Cosma Cosma. Né à Bucarest, il puise les accents de son orchestre dans la tradition d’Europe centrale. La chanteuse israélienne, d’origine marocaine et égyptienne, fait alliance ici avec le groupe Los Ninos de Sara qui apporte les sonorités gypsy à cette soupe orientale, ultra efficace.

Voilà. Vous avez le dessous des cartes. Les deux grandes familles du judaïsme, le choc des cultures et des générations. J’ai plus qu’à retourner me coucher. Vous vous allez partir bosser. Méditer et chantez toute la journée.

► LE PROGRAMME : "La vérité si je mens", c'est ce soir à 20h50, sur W9.

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