Mario Draghi, depuis la fin juin, a brisé plusieurs tabous du dogme allemand face au risque de déflation et de croissance quasi nulle dans une grande partie de la zone Euro.

La BCE a ouvert les vannes du crédit, avec des taux d’intérêts quasiment à zéro, même négatifs pour les dépôts des banques, des prêts illimités pour les établissements financiers, à condition qu’ils aident les entreprises. Et pour les PME, des rachats de créances irisées pour soulager le risque pour les banques.

Une politique de soutiens ambitieuse, qui fait baisser l’Euro à 1,28 §, soit une chute de 7% depuis le début de l’année, de quoi relancer nos exportations.

Pourtant rien n’y fait. Le climat des affaires se dégrade, les marges des entreprises sont sous tension, la croissance reste atone en zone Euro, même en Allemagne (elle pourrait être quasi nulle au 3ème trimestre).Le chômage reste au plus haut et les ménages comme les entreprises ne consomment toujours pas de crédit, pour le 28ème mois consécutif.

Partout le moteur est à l’arrêt. Mario Draghi est inquiet .La politique monétaire ne peut pas tout, c’est aux états et à Bruxelles d’agir autrement et vite.

MICHEL AGLIETTA professeur émérite de sciences économiques à l’université PARIS X NANTERRE

Il publie cette semaine pour le think tank terra nova une note très remarquée sur la métamorphose de la Banque Centrale européenne face à l’urgence d’agir.

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