Congo, Somalie, Nigéria, Mali, Centrafrique, Syrie, Irak, Israël-Palestine, Ukraine...

Guerres nouvelles, acteurs inédits, ces changements imposent une révision drastique du traitement des conflits, Quel sera l'état du monde en 2015 ?

Pierre Weill reçoit ce matin

Bertrand Badie

professeur des Universités à Sciences Po , il assure le cours magistral "Espace mondial" et dirige les études doctorales sur les relations internationales.

Chaque année,L’état du monde , co-dirigé par Bertrand Badie, offre - outre un panorama exhaustif des pays et régions - une série de réflexions sur un enjeu géopolitique majeur. Cette année, il nous offre de quoi comprendre en profondeur les nouvelles caractéristiques des guerres qui ravagent des régions entières. C'est aux éditions La découverte.

Nouvelles guerres
Nouvelles guerres © Radio France

La fin de la guerre froide n'a pas laissé la place à un monde de paix. Deux décennies plus tard, plusieurs dizaines de conflits armés ensanglantent la planète. Si elles ressurgissent dans certaines parties de l'Europe, la plupart des guerres se déroulent aujourd'hui dans les pays du Sud. Et leur nature a profondément changé. Seule une minorité d'entre elles peuvent être décrites comme des conflits interétatiques. Les autres mettent aux prises un État, souvent déliquescent, et une ou plusieurs rébellions, avec pour enjeu le contrôle du pouvoir, du territoire ou des ressources naturelles. Les divisions ethniques et religieuses alimentent ces nouveaux conflits. Mais ils s'enracinent surtout dans les conséquences de la mondialisation, qui enrichit les plus riches et appauvrit les plus pauvres. Dans la plupart des cas, les guerres du XXIe siècle procèdent de la décomposition institutionnelle et sociale, tout en s'inscrivant dans le cadre des rivalités entre les grandes puissances, anciennes ou nouvelles.

Véritable « roman de l'actualité internationale », L'État du monde révèle, au-delà de l'immédiateté de l'événement, les grandes tendances des changements à l'oeuvre sur la planète.

Dans cette édition 2015, chercheurs et journalistes réunis se penchent sur les différents « points chauds » de la planète. Ils donnent les clés pour comprendre les formes contemporaines des conflits (développement de la cyberguerre, retour de la piraterie, explosion de l'industrie des drones). Ils en identifient enfin les différents acteurs et les principales victimes : les populations civiles, les femmes, les migrants, la nature...

A rappeler également le dernier livre de Bertrand Badie «Le temps des Humiliés» paru chez Odile Jacob , avec ce sous-titre «Pathologie des relations internationales»

Le temps des humiliés
Le temps des humiliés © Radio France

L'humiliation est devenue l'ordinaire des relations internationales.Rabaisser un État, le mettre sous tutelle, le tenir à l'écart des lieux de décision, stigmatiser ses dirigeants : autant de pratiques diplomatiques qui se banalisent. Ainsi se développe une « diplomatie de club », celle du Conseil de sécurité et du G7, tandis que les États émergents Inde, Brésil, Turquie ou les anciennes puissances Russie se voient dénier toute réelle capacité d'initiative ou contraints d'adopter des stratégies déviationnistes, souvent peu productives.De quoi ces diplomaties de l'humiliation sont-elles révélatrices ? Les réactions des humiliés de la conférence de Bandung en 1955 aux printemps arabes n'invitent-elles pas à une autre gouvernance ?

Convoquant l'histoire et la sociologie politique, Bertrand Badie remonte aux sources de l'humiliation : la montée des revanchismes dans l'entre-deux-guerres, une décolonisation mal maîtrisée. Il montre que sa banalisation consacre l'émergence dramatique des opinions publiques et des sociétés sur la scène internationale, mais qu'elle trahit aussi l'inadaptation des vieilles puissances et de leurs diplomaties à un monde de plus en plus globalisé. Dès lors, il devient urgent de reconstruire un ordre international dans lequel les humiliés et leurs sociétés trouveront toute leur place.

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