Avec Gaspard Estrada, Directeur Exécutif de l’OPALC (Observatoire Politique de l'Amérique latine et des Caraïbes), nous revenons sur les événements qui secouent le Venezuela.

Les opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro font une manifestation à Caracas le 23 janvier 2017.
Les opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro font une manifestation à Caracas le 23 janvier 2017. © AFP / Manaure Quintero

Au Vénézuela, des milliers d'opposants ont manifesté hier, samedi 22 avril, et réclament toujours le départ du président Nicolás Maduro.

La chute des cours du pétrole est-elle à l'origine de la crise au Venezuela ?

Pour Gaspard Estrada, "le gouvernement mis en place par Hugo Chavez a consacré la mono-concentration autour du pétrole". Les conséquences : "le Venezuela se trouve désemparé, on manque de tout. Mauvaise gestion économique et corruption mettent le pays au bord du précipice."

L'opposition veut des élections anticipées mais le pouvoir s'accroche, va-t-on vers une dictature ?

C'est le paradoxe : "Hugo Chavez était un militaire, Nicolás Maduro est un civil, mais c’est sous Maduro que les militaires ont réussi à contrôler le pouvoir. L'armée contrôle les chaines alimentaires, s'occupe de gérer les pénuries. Elle est la grande gagnante de affaiblissement du régime."

Pour Gaspard Estrada, on est dans un "processus de mis à mal de la démocratie". La cour suprême a fait lever l’immunité de parlementaires de l'opposition.

Maduro dénonce un coup d’état venu des Etats-Unis, est-ce le cas ?

"C'est une rhétorique. La grande nouveauté politique, c’est l’appel de 11 pays latino-américains, qui invitent le pouvoir vénézuélien à respecter les Droits de l’homme, le droit à manifester, etc."

Qui compose l’opposition ? Sont-ce ceux qui ont bénéficié de la révolution bolivarienne, les classes moyennes ?

"A la base, l'opposition est marquée à droite : en 2002, elle avait fomenté un coup d’état contre Hugo Chavez. Les choses ont évolué : les bénéficiaires de la révolution sont mécontents de la gestion de Nicolás Maduro : 80% des vénézuéliens ne veulent plus de sa politique."

Selon Gaspard Estrada, "Maduro est un civil, il ne faisait pas partie des proches de Chavez. Il n’a pas réussi à avoir un discours à sa hauteur.'

Pour en savoir plus :

►►►Le Venezuela, le pays dont on aura le plus parlé pendant la campagne

►►► Au Venezuela, trois morts dans les manifestations contre le gouvernement

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.