Très intéressant sur le plan nutritionnel, il n'est peut-être pas aussi bon pour la santé qu'on pourrait le penser. Le soja contient des molécules similaires à des hormones, qui, consommées en trop grande quantité, seraient dangereuses pour l'être humain.

Une pousse de soja OGM, en Argentine, en 2020.
Une pousse de soja OGM, en Argentine, en 2020. © AFP / Marcelo MANERA

Dans son dernier livre, Planète soja (éditions du Rocher) la journaliste Julie Lotz s'est intéressée à ce végétal dont on vante les mérites nutritionnels, mais qui ne serait pas si bon que ça pour la santé. Elle est l'invitée de Jacques Monin dans "Secrets d'info".

Du soja oui, mais pas trop

Dans son enquête, la journaliste montre que le soja est un végétal intéressant pour la santé. D'un point de vue nutritionnel, il contient beaucoup de protéines : "C'est un très bon substitut à la viande pour les végétariens, mais aussi pour les personnes qui veulent en manger un peu moins." Ce que l'on sait moins, c'est que le soja contient des molécules appelées phyto-œstrogènes, qui ont un effet similaire aux hormones féminines. "Ces molécules peuvent provoquer des effets sur les cycles menstruels, sur la fertilité, mais aussi sur personnes qui ont des problèmes de thyroïde ou des antécédents de cancer du sein", explique Julie Lotz.

Pour les hommes, on observerait une baisse de quantité de spermatozoïdes, avec de potentiels risques d'infertilité. "Il n'y a pas de consensus scientifique, rassure la journaliste. En revanche, ce qui est sûr, c'est que les autorités sanitaires en France, mais aussi ailleurs dans le monde, ont commencé à déconseiller sa consommation pour un certain nombre de personnes. Pour les femmes enceintes, parce qu'une consommation de soja trop importante, et donc de phyto-œstrogènes, peut entraîner des risques pour le fœtus de développer plus tard un cancer des testicules ou du sein. Le soja est également déconseillé chez les enfants en dessous de trois ans."

Quelle quantité de soja peut-on consommer pour éviter ces risques ? 

En 2019, l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation) a rendu un avis indiquant qu'il fallait pas dépasser 1 milligramme (mg) de phyto-œstrogène par kilogramme (kg) et par jour. "Pour une personne qui pèse 80 kg, cela fait donc 80 mg à ne pas dépasser, ce qui correspond à peu près à un steak de soja, plus un gros bol de jus de soja et un dessert au soja, détaille Julie Lotz. Pour une personne de 60 kg, ça correspond à un steak de soja et un verre de jus de soja. Et pour un enfant de 35 kg, la limite recommandée est d'un demi steak de soja. Mais plusieurs associations de consommateurs et des nutritionnistes ont recommandé de ne pas consommer plus d'un produit au soja par jour, car d'un produit à l'autre, les quantités en phyto-œstrogène varient énormément."

En sachant que l'on consomme du soja sans le savoir : les produits transformés que l'on retrouve par exemple dans la restauration collective, comme les boulettes de viande, peuvent contenir parfois jusqu'à 30 % de protéines de soja. "Il faudrait au moins que ce soit inscrit sur les emballages, et que l'on sache ce que l'on mange, et ce qu'il y a dans ces produits", suggère la journaliste. Une recommandation que l'Anses a formulé dès 2005.

Pour aller plus loin

Julie Lotz raconte également l'autre volet de son enquête sur le soja. Elle explique que le soja OGM importé du Brésil pour nourrir le bétail, résistant au glyphosate et aux pesticides, serait à l'origine de symptômes inquiétants chez des animaux.

L'enquête de Julie Lotz, Planète soja, est disponible aux éditions du Rocher.

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