Jacques Monin et Benoît Collombat interrogent Alain Weill, directeur de NextRadioTV, le "monsieur médias" de Patrick Drahi.

Alain Weill
Alain Weill © Radio France

Alain Weill, directeur de NextRadioTV, qui regroupe notamment RMC et BFM TV s’est associé avec Patrick Drahi pour diriger son nouveau pôle SFR Presse. Son ambition : restructurer ces médias, en faisant converger les réseaux et les contenus.

• Pourquoi Alain Weill s'est-il associé à Patrick Drahi ?

Je sentais qu’il y avait un risque important pour BFM TV. Son affaiblissement aurait pu mettre en danger NextRadioTV. Je me suis senti abandonné, fragilisé.

Pour Alain Weill, c'est une manière de donner une autre dimension à son groupe NextRadioTV et de le développer. De son côté, Patrick Drahi a vu en Alain Weill « l'homme des médias » dont il avait besoin. Pour l’instant, chacun y trouve son compte. Mais dans 3 ans, Patrick Drahi aura racheté l'intégralité des actions du groupe NextRadioTV.

Mon pari c'est que rien ne changera. J'ai confiance en Patrick Drahi. Je ne crois pas que les choses se modifieront le jour où j'abandonnerai le contrôle de NextRadioTV.

• Le risque d’un journalisme « low-cost » ?

La révolution digitale impose une transformation à tous les journaux.

Selon Alain Weill, toutes les entreprises de presse en France sont touchées par cette révolution, avec l’obligation de réduire la masse salariale. Il assure que pour que les journaux survivent, les départs sont obligatoires avant de pouvoir bénéficier d’un rebond.

Je suis avant tout un créateur d'emplois dans la presse.

• Une convergence qui dévalorise la presse ?

Cette convergence place la presse en second plan, qui devient « un produit d'appel » pour vendre un abonnement téléphonique. Mais le directeur de NextradioTV considère cette vision comme pessimiste, Selon lui, les télécoms peuvent faire évoluer les médias.

Je crois profondément à la presse, à son rôle dans la démocratie. Les télécoms vont peut-être apporter une nouvelle forme de distribution.

• Quelles sont les garanties pour l'indépendance de la presse ?

Je ne vois pas du tout les médias en danger parce que l'équilibre se fait naturellement. Les gens achèteront les journaux s'ils ont confiance dans la presse qu'ils lisent.

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