Alexander Vinnik, aujourd'hui détenu en Grèce, aurait permis à plus de 700 000 personnes de transformer leur argent sale en monnaie virtuelle, comme le Bitcoin. Russes, Américains et Français veulent le juger. La journaliste Anne Vidalie nous raconte cette histoire.

Alexander Vinnik, le 26 juillet 2017, en Grèce.
Alexander Vinnik, le 26 juillet 2017, en Grèce. © AFP / SAKIS MITROLIDIS

Bitcoin, Ethereum ou Litecoin : il existe de nombreuses cryptomonnaies, ou monnaies virtuelles, qui permettent des échanges dématérialisés  qui transitent via des serveurs et des ordinateurs disséminés sur la planète. Difficilement traçables, elles sont activement scrutées par les autorités, qui pointent des risques de fraude et de blanchiment. Risque qui se vérifie à travers l'incroyable "lessiveuse" mise en place par Alexander Vinnik, un Russe de 39 ans.

Neuf millions de Bitcoins

D'après la journaliste à l'Express Anne Vidalie, autrice d'un article sur le personnage, on ne sait rien ou presque de lui. "D'après le dossier d'accusation américain, on sait qu'il était au moins l'un des opérateurs, si ce n'est à la tête d'une plateforme de cryptomonnaies, qui s'appelait BTC-e" explique-t-elle. 

Cette plateforme proposait des services de transformation de monnaie réelle en monnaie virtuelle, et les sommes qui ont transité via ce site sont colossales. "Il serait passé l'équivalent de neuf millions de Bitcoins, selon Anne Vidalie, soit 30 milliards d'euros environ"  au cours de janvier 2019, sachant que la valeur de la monnaie fluctue fortement.

"C'était la plus grosse lessiveuse de la planète"

Des serveurs en Californie, un site internet en Bulgarie, une société installée aux Seychelles, une ligne téléphonique russe, des domaines en France, à Singapour et en Nouvelle-Zélande : le montage de BTC-e est opaque et complexe. Pour Anne Vidalie, "il semblerait que les utilisateurs de la plateforme soient essentiellement des délinquants et des criminels qui utilisaient cette plateforme pour blanchir leurs avoirs.

Ce sont près de 700 000 clients qui auraient bénéficié des services d'Alexander Vinnik. "D'après un enquêteur, cette plateforme était la plus grosse blanchisseuse que la planète ait connue, relate Anne Vidalie. On se situe à l'échelle de la planète."

Arrêté en Grèce, Alexander Vinnik intéresse aussi les États-Unis, qui ont demandé son extradition, et veulent l'interroger dans le cadre de l'enquête sur l'ingérence russe éventuelle dans la présidentielle américaine 2016. Les Russes veulent aussi le récupérer. 

La France demande également son extradition, car des entrepreneurs français se sont fait rançonner par des clients de BTC-e. Bataille diplomatique en vue...

► Anne Vidalie est l'invitée de Jacques Monin dans Secrets d'info

Aller plus loin

Deux articles d'Anne Vidalie pour se plonger au cœur des cryptomonnaies : 

Bitcoin : les secrets d'Alexander Vinnik

Cryptomonnaies : Tracfin tire la sonnette d'alarme

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