Zouhir Boudemagh est le mécène de l’ Alma Chamber Orchestra, une formation musicale dont Anne Gravoin, l’épouse du Premier ministre Manuel Valls, est devenue en 2013 la directrice artistique et le premier violon.

Il réagit en exclusivité dans Secrets d’Info à l’article du « Nouvel Obs » paru le 30 mars 2016, intitulé : « Le drôle d’orchestre de Madame Valls », ou comment Anne Gravoin, s’est retrouvé au cœur d’un réseau qualifié de « nébuleux » par l’hebdomadaire.

L'orchestre d'Anne Gravoin ("Mme Valls") : "Il n'a pas été créé dans un but politique" déclare le mécène Zouhir Boudemagh

L'Alma Chamber Orchestra à la salle Pleyel en juin 2015
L'Alma Chamber Orchestra à la salle Pleyel en juin 2015 © Sissih292@wikicommons / Sissih292@wikicommons

L'orchestre en question, c’est l’Alma Chamber Orchestra . Une quarantaine de musiciens, qui se produisent sur la scène mondiale. Avec un objectif affiché : « diffuser un message de paix et de de fraternité », à travers la musique classique.

En 2013, Anne Gravoin devient le premier violon et la directrice artistique, de cet orchestre. Loin, très loin de l’ambiance des concerts de Johnny Hallyday ou de Nolwenn Leroy , dans lesquels elle se produit. Le rêve d’Anne Gravoin devient donc réalité, par la volonté d’un homme : Zouhir Boudemagh , le représentant en France d’un conglomérat koweïtien, Al Sayer , le mécène de l’Alma Chamber Orchestra .

Zouhir Boudemagh
Zouhir Boudemagh © B.Collombat/RF / B.Collombat/RF

Dans son article, « le Nouvel Obs » s’interroge sur la transparence des affaires de Zouhir Boudemagh ainsi que sur sa Fondation, l’Alma Nostra Foundation .

La société d’Anne Gravoin est également épinglé » - même s’il n’y a rien d’illégal – car elle loue ses locaux à un homme d’affaires, François Gontier , condamné pour « diffusion d’informations privilégiées » et « fraude fiscale », sanctionné par l’Autorité des marchés financiers ( AMF), également président d’une société récemment mise en examen dans une affaire de vente de tenues militaires au Mali.

Cet orchestre a noué aussi des partenariats avec deux personnages, à priori assez éloignés de l’univers musical : Jean-Yves Ollivier, homme clé de « la Françafrique » au service de Jacques Chirac . Il est sorti récemment de l’ombre dans un livre et un documentaire dans lesquels il se présente avantageusement comme ayant joué un rôle dans la libération de Nelson Mandela . L’homme est surtout un relais actif du président du Congo-Brazzaville ,Denis Sassou-Nguesso , figure inamovible de laFrançafrique , soupçonné de crimes contre l’Humanité et poursuivi dans l’affaire des Biens mal acquis.

L’autre partenaire de l’Alma Chamber Orchestra s’appelle Ivor Ichikowitz . Ce milliardaire sud-africain est le patron d’un important groupe d’armement et de défense, le groupe Paramount .

Ivor Ichikowitz et Jean-Yves Ollivier président tous les deux des Fondations, devenues donc des partenaires pour des concerts de l’orchestre d’Anne Gravoin . « Il ne s’agit pas d’un soutien financier mais d’un soutien moral » assure la Fondation Brazzaville de Jean-Yves Ollivier .

Le lobbyiste de Sassou-Nguesso, Jean-Yves Ollivier , a été élevé, le 17 juin 2015, au grade d’officier de la Légion d’Honneur, sur le quota de la Grande Chancellerie. Décoration remise des mains de Manuel Valls , deux mois après la tournée de sa femme en Afrique du sud.

Monsieur Jean-Yves Ollivier a sollicité la publication du droit de réponse suivant :

La Fondation Brazzaville pour la Paix et Protection de l'Environnement, que j'ai créée et que je préside, est une organisation à but non lucratif dont la mission est de favoriser la paix et d'aider à la préservation de l'environnement.

La Fondation Brazzaville est parfaitement indépendante du Président Denis Sassou Nguesso.

Elle a uniquement apporté son soutien moral à des concerts pour la paix donnés par l'orchestre Alma Chamber Orchestra avec lequel elle a en commun d'œuvrer en faveur de la paix.

Par ailleurs, en 1987, j'ai négocié et organisé dans des conditions particulièrement sensibles l'échange de près de 140 prisonniers entre cinq nations différentes, dont la France. Cet échange en Afrique australe parmi des pays en guerre a ouvert la voie à la reconnaissance de l'ANC par l'Etat sud-africain, puis à la libération de son leader, Nelson Mandela.

En 1995, le Président Mandela, nouvellement élu, m'a élevé au grade de Grand Officier de l'Ordre de Bonne Espérance, la plus haute distinction en Afrique du Sud, en raison de ma contribution aux « Accords de Brazzaville », signés le 13 décembre 19S8, qui ont conduit à la fin de l'apartheid.

C'est notamment pour cette raison que l'Ordre de la Légion d'Honneur m'a invité, ily a plus de deux ans, à présenter un dossier de candidature.

Mon dossier a été déposé, et le Décret de mon élévation par la Grande Chancellerie au grade d'Officier de la Légion d'Honneur a été publié au Journal Officiel, bien avant la tournée de l'Alma Chamber Orchestra en Afrique du Sud.

J'ai sollicité le Cabinet du Premier Ministre afin que les insignes de la légion d'Honneur me soient remis par Monsieur Manuel Valls eu égard à sa fonctiOn. On ne peut donc rapprocher mon élévation dans l'Ordre de la Légion d'Honneur de mon soutien moral à l'Alma Chamber Orchestra.

Je n'avais jamais rencontré Monsieur Valls avant le 19 juin 2015, date de la cérémonie de remise des insignes d'Officier de la Légion d'Honneur, et je ne l'ai pas revu depuis.

__ Jean-Yves Ollivier

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