Alors que débute la Coupe du monde féminine de football, Secrets d’info s’intéresse aux droits de retransmission des matchs. Ils ont atteint des niveaux faramineux. Mais les diffuseurs renoncent à investir les uns après les autres, et la bulle pourrait bien exploser.

L'arrivée de nouveaux acteurs de diffusion du football a eu pour conséquence l'explosion des prix des droits de retransmission. Au détriment du consommateur ?
L'arrivée de nouveaux acteurs de diffusion du football a eu pour conséquence l'explosion des prix des droits de retransmission. Au détriment du consommateur ? © AFP / FRANCK FIFE

Le marché des droits de retransmission des matchs de foot à la télévision est un marché colossal. Pour l'année 2018, il pesait 50 milliards de dollars pour le monde entier. "C'est un marché qui profite aux vendeurs de ces droits, c'est-à-dire les clubs, les ligues, explique Pierre Maes, auteur du livre Le business des droits TV du foot - Enquête sur une bulle explosive (éditions FYP), et invité de Jacques Monin dans Secrets d'info. In fine, cet argent termine dans la poche des joueurs et de leurs agents."

Baisse des droits ?

Avec l'apparition des chaines payantes en Europe à la fin des années 80 (Canal + en France, Sky au Royaume-Uni) et la création de championnats attractifs (Premier League et Ligue des champions UEFA en 1992), les tarifs de retransmission explosent. 

Mais c'est surtout à partir de 2008 et l'apparition progressive de nouveaux acteurs sur le marché, qui se lancent dans la bagarre de la retransmission des compétitions sportives (Orange sport, beIN, RMC Sport, Mediapro), que la concurrence fait rage. Pourtant, certains de ces acteurs renoncent les uns après les autres à surenchérir. "Orange a jeté l'éponge assez vite et a fermé sa chaîne, SFR est en train de faire marche arrière" détaille le consultant. Les droits TV du foot seraient-ils monté trop haut ? "Le consommateur ne suit plus, il ne paye plus, affirme Pierre Maes. La correction a déjà commencé : pour la première fois, le montant des droits de la Premier League en Angleterre a baissé de 10 % en 2018, alors que les pour les deux années précédentes, la hausse était de 70 % par an." 

Les clubs de foot attendent aujourd'hui que les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) se positionnent, mais ceux-ci n'ont pas encore pris part aux enchères. "Même si leur potentiel financier est immense, l'heure est encore à l'attente et l'observation", confirme le consultant.

Piratage

L'augmentation du coût des droits TV du foot a donc des conséquences pour le consommateur. Pour Pierre Maes, avec la multiplication des acteurs, il a moins de choix et de services, et les tarifs augmentent chaque année. "Il doit débourser plus, il doit jongler entre les différents abonnements, déplore-t-il. Le consommateur démuni retrouve le pouvoir en se tournant vers le piratage, en streaming, ou via l'IPTV, un boitier qui, contre une somme modique, permet d'accéder à l'ensemble des chaînes payantes du monde."

Aller plus loin

► LIRE | Le business des droits TV du foot - Enquête sur une bulle explosive, un livre de Pierre Maes, paru aux éditions FYP.

Le business des droits TV du foot
Le business des droits TV du foot / Pierre Maes
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