Environ 1000 enfants dans le monde seraient morts à cause de la vente, par l'institut français Mérieux, de produits sanguins contaminés.

Marie-Ange Poyet
Marie-Ange Poyet © Radio France / Léa Dupouy Hennequin

L'affaire du sang contaminé date des années 1990. En 1992, Michel Garetta, directeur du Centre national de transfusion sanguine, est condamné à 4 ans de prison pour avoir distribuer des poches de sang contaminé par le virus du SIDA. Ce que l'on sait moins, c'est qu'un laboratoire français, l'institut Mérieux, a lui aussi vendu des produits sanguins contaminés (appelé "facteur VIII"), mais qu'aucune condamnation n'a eu lieu. La documentariste Marie-Ange Poyet enquête depuis 10 ans sur cette "autre affaire" du sang contaminé.

En octobre 1985, la France interdit de distribuer des produits non chauffés pour hémophiles, afin d'éviter toute contamination. Mais l'institut Mérieux se déploie à l'étranger, si bien qu'en février 1986, le laboratoire continue de vendre ces produits dans d'autres pays. C'est ainsi qu'en Grèce, 400 personnes ont été contaminées. L'institut indemnise les victimes qui portent plainte.

Autre pays gravement touché par cette vente : l'Irak, où à l'époque, être contaminé par le virus du SIDA était passible d'une condamnation à la peine de mort. Saddam Hussein ouvre alors une ancienne prison dans le désert. Les enfants et jeunes adultes sont raflés. Marie-Ange Poyet raconte :

En 2005, la documentariste est témoin de cet enfermement sans soins des malades du SIDA, dans un hôpital en Irak. C'est alors qu'un médecin lui confie :

Une des entrées du sida en Irak, c'est la France.

C'est le point de départ de son enquête. Pourquoi aujourd'hui, alors que plusieurs procédures ont eu lieu, aucune condamnation n'a été rendue ? Pourquoi la procédure pénale est-elle "morte" selon Marie-Ange Poyet ? Retrouvez cette enquête dans la revue Sang froid n°8.

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