Le journaliste Jean Guisnel publie Histoire secrète de la DGSE, une plongée au cœur de la direction générale de la sécurité extérieure, les services secrets français. Il est l'invité de Jacques Monin dans Secrets d'info.

Le siège de la DGSE, la direction générale des services extérieurs, à Paris, en juin 2015.
Le siège de la DGSE, la direction générale des services extérieurs, à Paris, en juin 2015. © AFP / MARTIN BUREAU

Depuis 2008, on observe une montée en puissance des services secrets français. La DGSE compte en 2019 près de 7 000 employés, contre 4 400 en 2008. Pour le journaliste Jean Guisnel, auteur du livre Histoire secrète de la DGSE (éditions Robert Laffont), cela est dû en grande partie aux fonctions techniques, qui exigent de plus en plus de moyens humains, matériels et techniques. "Avec les Printemps arabes, l'élection de Trump, le Brexit, le Brésil, l'Allemagne, le Venezuela, l'Argentine, la Russie, tout cela exige d'observer avec des moyens secrets, c'est-à-dire différents de ceux de la diplomatie, et nécessite d'envoyer des agents secrets pour faire un travail complémentaire."

Dans son livre Jean Guisnel évoque une école à Ploufragan (Côtes-d'Armor), qui serait une pépinière de la DGSE. D'une école catholique de radio pour la marine marchande à la fin des années 40, elle s'est progressivement transformée en centre de formation pour ses techniciens avant de tomber en déshérence : "L'État s'est alors rapproché du CNAM, le Conservatoire des arts et métiers, et forme désormais à l'analyse, à l'interception, aux langues, afin d'amener les étudiants à passer des concours pour techniciens, qui peuvent être très utiles à toute la communauté du renseignement, mais surtout à la direction technique de la DGSE."

Comme la DGSI (les services secrets intérieurs), la DGSE recrutent sur LinkedIn. "Ils rédigent une petite annonce avec des noms inventés de recruteurs, qui ont besoin de techniciens réseau, de programmeurs, explique Jean Guisnel. L'une des manières de postuler, c'est de résoudre des énigmes en ligne. L'année dernière, 20 000 personnes ont essayé de passer cette épreuve, seulement 50 sont arrivés jusqu'au bout."

La série Le Bureau des légendes, diffusée sur Canal+ et réalisée par Éric Rochant, a permis de donner de la visibilité à la DGSE. "Cette série est une œuvre de fiction totale. Ce bureau est une invention du réalisateur. En revanche, la production est vraiment en contact avec la DGSE, pour faire valider ses idées de scénario, pour savoir si elles sont plausibles ou non." Aujourd'hui, la DGSE se sert ouvertement du Bureau des légendes pour recruter.

Aller plus loin

► LIVRE - Histoire secrète de la DGSE, par le journaliste Jean Guisnel, vient de paraître aux éditions Robert Laffont.

► PODCAST - Olivier Mas, ex-agent secret à la DGSE, était l'invité de Mathilde Munos dans le 5/7 de France Inter, jeudi 24 octobre.

► ARTICLE - Envie de rejoindre les rangs du contre-espionnage ? La DGSI recrute

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  • Jean GuisnelJournaliste, spécialiste des questions militaires et du renseignement
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