Maxime Renahy a travaillé dans la finance, à Jersey et au Luxembourg. Mais parallèlement, il espionnait ses employeurs pour le compte de la DGSE. Il raconte son histoire dans le livre Là où est l'argent (éditions Les Arènes).

Maxime Renahy : administrateur de fonds à Jersey le jour, espion pour la DGSE la nuit. © Getty / sesame
Maxime Renahy : administrateur de fonds à Jersey le jour, espion pour la DGSE la nuit. © Getty / sesame © Getty / sesame

Au début des années 2000, Maxime Renahy est administrateur de fonds dans l'un des plus gros cabinets d'avocats de l'île de Jersey. Il est au cœur de nombreuses transactions financières, dans paradis fiscal où plus de 60 % de l'économie dépend du secteur de la finance. 

En 2007, le rachat du fabricant de valises Samsonite (Hénin-Beaumont) lui fait prendre conscience des conséquences directes que les actes de son cabinet, parmi d'autres, peuvent avoir, et notamment l'enrichissement de certains particuliers.

Il entre alors en contact avec la DGSE, la Direction générale des services extérieurs, et transmet des informations sur ses activités quotidiennes. "Ils me demandaient 'une liste de courses', des choses précises et techniques, comme des informations sur des oligarques russes ou des milliardaires américains", raconte Maxime Renahy. 

"Ils me demandaient aussi tout ce que je pouvais trouver pour aider potentiellement à préserver les entreprises françaises. Je devais également chercher des profils que la DGSE pourrait recruter." 

Pour obtenir ces renseignements, il espionne les autres cabinets d'avocats. Maxime Renahy n'hésite pas à sociabiliser avec des collègues ou confrères. "La plupart sont des trentenaires célibataires sans enfants, qui sortent énormément, explique-t-il. Ils vous donnent beaucoup d'informations, que vous recoupez, et que vous donnez à la DGSE."

"Une certaine frustration a grandi en moi"

Muté au Luxembourg, Maxime Renahy continue de faire le même travail. Au Grand-Duché, la DGSE lui demande de trouver le montant d'éventuelles rétrocommissions versées par des Anglais, notamment dans la négociation de contrats d’armement, pour que la France et les industriels puissent faire de meilleures offres. "Suite à ce type d'opérations, une certaine frustration a grandi en moi, affirme-t-il. Je me disais que cela ne servait pas l'intérêt de mes concitoyens, mais cela servait d'autres multinationales et milliardaires français."

Suite à ce déclic, il quitte la finance, la DGSE et le Luxembourg à la fin de l'année 2011, et devient consultant pour des ONG et des syndicats.

► ALLER PLUS LOIN | Là où est l'argent, de Maxime Renahy, est disponible aux éditions Les Arènes.

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.