« Le jour où j’ai mangé mon flingue » : le journaliste Alain Hamon a emprunté le titre de son enquête sur les suicides dans la police française à une jeune policière qui a failli « se tirer une balle » après s’être enfermée dans les toilettes des vestiaires de son commissariat.

En 2014, on comptait pour toute la France 55 suicides de policiers. Et depuis début 2015, 37 autres sont passés à l’acte.

Un véritable fléau car il y a plus de policiers suicidés que de morts en service. La majorité des victimes utilisent leurs armes de service et agissent sur leurs lieux de travail, signant ainsi leurs gestes.

Ces drames dévoilent un profond malaise au sein de la police nationale : des gardiens de la paix confrontés au harcèlement des « petits chefs » ; une politique du chiffre toujours en vigueur au ministère ; et un manque flagrant d’effectifs auquel s’ajoute une situation sécuritaire difficile – plan Vigipirate renforcé. Résultat : épuisement et burn-out.

Les solutions proposées par la haute hiérarchie sont malheureusement bien pauvres. D’autant que le suicide reste un sujet tabou. Il y a bien eu un plan prévu en janvier 2015 : la mise en place de casiers individuels dans les commissariats pour que les policiers y déposent leurs armes avant de rentrer chez eux. Et une grande campagne de communication pour réhabiliter la profession… mais jamais mise en œuvre. Un concept emprunté au Canada où elle a eu pourtant des résultats très prometteurs.

Alain Hamon dans les locaux de Secrets d'Info
Alain Hamon dans les locaux de Secrets d'Info © Radio France / AB
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