Demain les Big Datas associées aux services de renseignement auront plus de pouvoir que tous les États réunis.

Christophe  Labbé, co-auteur de L'homme nu
Christophe Labbé, co-auteur de L'homme nu © Radio France / R.Denantes/RF

Dans « L’homme nu. La dictature invisible du numérique » (Plon/Robert Laffont), coécrit avec l’écrivain Marc Dugain, Christophe Labbé journaliste d’investigation au Point, décrit avec précision et une certaine dose de pessimisme, la façon dont l’industrie du numérique –  Google, Apple, Facebook et Microsoft – alliés aux grandes agences de renseignement, a pris le contrôle de nos vies. Une dictature douce car ce contrôle ne s’exerce pas sous la contrainte mais avec l’accord de chacun d’entre nous, les utilisateurs de smartphones, ordinateurs, tablettes ou tout autre objet connecté qui sont censés faciliter nos vies. En clair : une servitude volontaire où l’on cède son identité numérique, son intimité en échange de services en libre accès,  officiellement... Et pour quelle contrepartie ? L’ultra-surveillance des individus et donc des libertés en moins. Et un objectif : faire de chacun un consommateur compulsif caché derrière son écran.

Extraits :

_"Toutes ces données que nous produisons nous les cédons gratuitement à des conglomérats du numérique. Comme dans l’industrie pétrolière en son temps, ces données brutes seront raffinées et cette matière première une fois raffinée aura de la valeur et sera cédée aux assurances, aux banques et à tous ceux qui nous vendront ainsi leurs produits plus aisément. […] "

_"Ces informations sont le nouvel or noir. Les Rockefeller d’aujourd’hui sont les géants du numérique, les fameux GAFA, tous cotés en bourse. Ainsi Google accumule une capitalisation boursière de plus de 500 milliards de $ : plus que le budget de la France. […]"

_"Les avantages sont certains, mais comme toujours il y a un prix à payer. Pour les énergies fossiles ça été en terme d’environnement ; avec le numérique, on paye un prix sur nos vies privées, nos libertés et sur notre modèle de société. […]"

"On craignait Big Brother ? Aujourd’hui on récolte le pire : Big Mother ! Un système que nous nourrissons nous-mêmes, en étant les propres scripts de nos vies pour le compte des services de renseignements et des géants du numérique."

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