Comment gagner pas mal d'argent aux frais du contribuable, sans faire grand-chose et sans aucune obligation de résultat ? Le journaliste Yvan Stefanovitch propose un inventaire de toutes ces fonctions occupées par des hauts fonctionnaires, des élus, des personnalités de la société civile. Des niches dont certains profitent pour lancer ou soigner une carrière politique. Une contribution éclairante pour un débat de plus en plus brûlant juste après les élections régionales de décembre 2015 : comment faire de la politique autrement ?

Yvan Stefanovitch, auteur de "Rentiers d'Etat", décembre 2015
Yvan Stefanovitch, auteur de "Rentiers d'Etat", décembre 2015 © @Rebecca Denantes/RF

Un Français moyen peut difficilement entrer en politique, un haut fonctionnaire, oui, au sein de son corps d’origine - Cour des Comptes, Inspections générales ... - qu’il peut réintégrer le temps de préparer sa campagne électorale. Un manque d’intégrité et une incurie qui entachent la haute fonction publique.

Quelques-unes de nos institutions sont championnes en la matière :

  • Les 233 conseillers duConseil économique, social et environnemental (CESE) qui écrivent des rapports rarement lus pour une indemnité mensuelle de 3700€. Quarante d’entre eux sont nommés par le Président de la République - le fait du prince - , et près d’une centaine est issue des syndicats ouvriers et patronaux. L’absentéisme y est fréquent. Idem pour la cooptation et le copinage. Mais le coût est élevé : 100 millions d’euros par an si on inclut les conseils économiques régionaux

- Les préfets en mission de service public du ministère de l’Intérieur : de « faux préfets fantômes » selon l’auteur. S’ils sont élus ils ne reçoivent pas de salaire, mais percevront une retraite confortable de 4000€

- Les 19 ambassadeurs thématiques(sic) du ministère des Affaires étrangères, - une fonction mystérieuse inventée par l’ancien ministre Hubert Védrine : on y découvre un chargé de la mobilité des cadres du Ministère, ou encore un chargé de la commission générale des Pyrénées (sic)

Un millier environ des 20000 hauts fonctionnaires français - les A+ - profitent de ces emplois fictifs car la RGPP(Révision générale des politiques publiques) mise en place en 2006 – dont la mesure phare était le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux – ne les concerne pas, il en résulte un gigantesque embouteillage…

Ce système très coûteux est protégé par la solidarité des grands corps (issus de l'ENA, X, Mines, Ponts…), l’utilité pour l’Exécutif de recaser des « blessés du suffrage universel » dans ces emplois fictifs et le manque de postes d’encadrement supérieur.

Interview menée par Jacques Monin

Les invités
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.