Un étude montre que des applications mobiles sur Androïd transmettraient à Facebook des données personnelles, sans que l'utilisateur en soit informé. Un scandale de plus pour Facebook, qui s'ajoute à de nombreuses affaires de fuites de données. Le journaliste Olivier Tesquet nous les détaille.

Données personnelles : où va Facebook ?
Données personnelles : où va Facebook ? © AFP / LOIC VENANCE

Le 30 décembre 2018, le Financial Times dévoile une étude de l'ONG Privacy International, qui montre que certaines applications des téléphones Androïd, notamment des applications de réservation de voyages, des comparateurs de vols, de fitness, de météo, très populaires chez les utilisateurs, une fois ouvertes, transmettent des données à Facebook sans que l'utilisateur ne soit au courant, et même s'il n'est pas inscrit sur Facebook.

Quelles données sont concernées ?

D'après le journaliste Olivier Tesquet, spécialiste des questions numériques à Télérama, "ces données sont liées à la nature de ces applications. Cela peut-être vos réservations de voyages, leur prix, votre historique d'achat sur internet, mais aussi le téléphone que vous utilisez, etc.".

Facebook détient des informations de personnes qui n'ont pas forcément de compte chez lui. "Facebook est à la fois une gigantesque régie publicitaire, il vend des données à des entreprises tierces, pour du ciblage publicitaire, mais en achète aussi, explique Olivier Tesquet. On a une visibilité quasi nulle sur toutes ces entreprises tierces, véritables 'courtiers en données' qui travaillent avec Facebook."

Un scandale par mois

Pour le journaliste, Facebook serait conscient du problème. "Après le scandale Cambridge Analytica, Facebook a très discrètement indiqué qu'ils arrêtaient ce partage avec des entreprises tierces. Mais combien d'entreprises sont concernées ? A-t-on vraiment envie de les croire sur parole ? Il y a un scandale par mois !" Le New York Times nous a par exemple appris début décembre 2018 que certaines entreprises, comme Spotify, Airbnb, ont pendant des années eu un partenariat privilégié avec Facebook qui leur permettait de récupérer des données.

Toutes ces affaires favorisent la méfiance envers le réseau social. On observe ainsi un désabonnement des utilisateurs les plus jeunes. "Sur les 15-25 ans, on a un taux de suppression de l'application ou du compte assez massif, confirme Olivier Tesquet. Le déficit de confiance envers Facebook est immense."

Olivier Tesquet est l'invité de Secrets d'info.

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