Dominique Tricaud est l'avocat de Thierry Lemétayer, le fils de l'une des 5 victimes du naufrage du Bugaled Breizh.

Dominique Tricaud
Dominique Tricaud © Radio France / Léa Dupouy Hennequin

Le 15 janvier 2004, à 12h25, le chalutier Bugaled Breizh coule en 37 secondes au large du Cap Lizard, au sud de l'Angleterre.

Le 18 octobre 2016, de nouvelles révélations ont vu le jour : un sous-marin américain menait bien une mission antiterroriste, avec une escale "à quelque 200 nautiques du lieu où le chalutier bigouden a sombré"Article du Télégramme : Naufrage du Bugaled. L'USS HG Rickover localisé.

Où en est cette affaire aujourd'hui ? Explications avec Dominique Tricaud.

  • Les fausses pistes

Beaucoup de fausses pistes jalonnent l'enquête. Le bateau aurait accroché un banc de sable, une thèse qui ne "résiste pas une seconde" pour l'avocat Dominique Tricaud. Le chalutier aurait été percuté par un cargo voyou, mais là encore l'avocat se désole de cette piste : "On a dépensé des millions pour gratter le rostre de tous les cargos qui avaient pu passer par là".

Ce n'était pas un renfoncement, c'était une implosion.

  • L'analyse de l'épave

Par la suite, l'épave a pu être renflouée et analysée. Voici ce que disait François Théret, un des experts qui s'était confié pour la première fois au micro de France Inter en juillet 2015 : "un des câbles qui relie le bateau à l'engin de pêche a fait sombrer le bateau".

Il n'y avait qu'une seule conclusion possible : l'intervention d'un sous-marin.

  • Des vérités cachées

Au fil de l'enquête, on s’aperçoit que le jour du naufrage, beaucoup de sous-marins se trouvaient dans la zone du Bugaled Breizh. La ministre de la Défense de l'époque l'aurait dissimulé :

Madame Alliot-Marie a caché la vérité : il y avait des manœuvres de l'OTAN ce jour-là.

Selon Dominique Tricaud, un communiqué de la préfecture maritime de Brest dissimule ces informations. Pourquoi vouloir cacher ces manœuvres de l'OTAN ? "Seules les armées peuvent répondre, explique l'avocat, à ce "besoin de partir dans cette association de malfaiteurs du mensonge".

Les soupçons finissent par se diriger sur un sous-marin Britannique, Le turbulent. Pourquoi est-ce gênant pour les autorités françaises de le reconnaître ?

Chaque armée a de mauvaises histoires sur les autres.

"La France n'aimerait pas que l'Angleterre dise ce qu'elle sait sur le naufrage de la Jonque", poursuit Dominique Tricaud.

  • Les tribunaux

Du côté français, l'enquête judiciaire s'est conclue par un non-lieu, confirmé en mai 2016 par la Cour de Cassation. L'enquête s'est heurtée au secret défense. Du côté de la justice Britannique, il y aura cinq jours d'audience, avec l'audition de tous les témoins, à partir de janvier 2017.

Nous attendons de la justice anglaise ce que la justice française n'a pas été capable de faire.

Pour en savoir plus :

► Le site officiel de l'association "SOS Bugaled Breizh" : http://www.bugaledbreizh.org/

► Une bande-dessinée très documentée vient de paraître sur cette affaire aux Editions Locus Solus "Bugaled Breizh, 37 secondes" de Pascal Bresson et Erwan Le Saëc.

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