Agglomérés à partir de poussières de silice, des plans de travail en quartz de synthèse auraient causé la mort et provoqué des maladies graves chez les ouvriers des usines qui les fabriquent. Le journaliste Simon Gouin a enquêté pour le site Basta !.

Faut-il se méfier des plans de travail en quartz de synthèse ?
Faut-il se méfier des plans de travail en quartz de synthèse ? © Getty / grandriver

Y a-t-il danger dans nos cuisines ? Pour le site Basta !, le journaliste Simon Gouin s'est plongé dans la fabrication des plans de travail de cuisine au quartz de synthèse :

Produits de moyenne gamme, très répandus depuis le début des années 2000, les plans de travail, dont l'aspect final ressemble au marbre, sont fabriqués à partir de poussières de silice à 90 %, auxquelles on ajoute du quartz et de la cristobalite, une autre forme de silice. Le tout est aggloméré et coloré avec des pigments.

Préparés en France en fonction des commandes, la matière première de cette pierre de synthèse est notamment produite en Espagne. Le journaliste Simon Gouin s'est intéressé aux usines d'un des leaders mondiaux, Cosentino. 

Vrai problème de santé publique

Dans l'une des principales usines du groupe, dans la province d'Almeria dans le sud de l'Espagne, certains ouvriers sont malades. Pendant plusieurs années, ils ont inhalé des poussières de quartz, qui sont aujourd'hui logées dans leurs poumons. Certains décèdent de cancers et d'une maladie grave, autrefois présentes chez les mineurs du charbon : la silicose. Cette forme de silicose propre à ces ouvriers serait plus virulente d'après les médecins locaux.

De son côté, l'entreprise espagnole Cosentino se défend, et assure avoir toujours pris les mesures de sécurité nécessaires pour protéger ses ouvriers, et que ses produits sont certifiés par plusieurs normes européennes. Une défense contredite par les témoignages recueillis par Simon Gouin. 

En France, des maladies similaires

Après avoir constaté des maux de tête, des vomissements chez leurs employés, certaines entreprises françaises, qui traitaient la matière première et vendaient le produit fini, ont arrêté de commercialiser ces plans de travail en quartz de synthèse. 

D'après Simon Gouin, des analyses effectuées sur des échantillons ont détecté plus de 70 produits chimiques et métaux lourds, dont du calmium, ainsi que de nombreux perturbateurs endocriniens.

Des substances qui ne supportent pas la chaleur

Le danger peut-il se retrouver dans nos cuisines ? Le journaliste pointe certaines substances présentes dans les produits finis qui, à haute température, se dissolvent et se répandent dans l'air. Or, les plans de travail, dans l'utilisation de tous les jours, peuvent être en contact par exemple avec des casseroles chaudes, ou même des matières acides comme le lait. Un laboratoire indépendant à démontré qu'il peut y avoir des migrations de produits chimiques dans les aliments.

Quelques marbriers façonniers ont donc arrêté de produire des plans de travail au quartz de synthèse, mais d'autres entreprises tentent de poursuivre la production. Ils sont toujours vendus par certains cuisinistes et certaines grandes enseignes d'ameublement et de décoration. Des expertises et contre-expertises sont en cours. 

Le journaliste Simon Gouin est l'invité de Jacques Monin dans Secrets d'info.

► ALLER PLUS LOIN | Des plans de travail pour cuisine accusés de rendre malades les ouvriers qui les fabriquent, une enquête de Simon Gouin pour Basta !

Le journaliste Simon Gouin
Le journaliste Simon Gouin © Radio France / Martin Broyer
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  • Jacques MoninDirecteur des enquêtes et de l’investigation de Radio France
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