Guérillas marxistes vivant du trafic de cocaïne, groupes nationalistes armés adossés au grand banditisme, gangsters convertis au terrorisme islamiste… pour Jean-François Gayraud, l’hybridation est devenue la norme.

Jean-François Gayraud
Jean-François Gayraud © Radio France / Léa Dupouy Hennequin

Commissaire divisionnaire, Jean-François Gayraud a travaillé dans le contre-espionnage. Il est aujourd'hui conseiller au Centre national du contre-terrorisme, une structure rattachée à l'Elysée. Il publie "Théories des hybrides. Terrorisme et crime organisé" (CNRS Editions).

Les frontières que l'on connait se sont estompées. Jean-François Gayraud propose de repenser la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, deux figures qui ont fini par se rejoindre au fil de l'histoire. Aujourd'hui, des "phénomènes de mélange" s'opèrent. Les gangs, cartels et mafias fusionnent, alors que du temps de la Guerre froide ils étaient séparés. Ainsi, dans le terrorisme ou le crime organisé, on retrouve des personnes "multidimensionnelles".

En analysant les auteurs des attentats de 2015 et 2016 en France et en Belgique, Jean-François Gayraud constate que beaucoup ont commencé dans la petite délinquance ou dans la grande criminalité. Ils étaient au départ des "prédateurs classiques", ce que l'on ne retrouve pas dans le passé, dans d'autres vagues de terrorisme. Pour lui, ces "criminels sont allés chercher une justification plus ou moins consciente dans l'islam salafiste" afin de poursuivre des pratiques criminelles. Il n'exclut pas pour autant la dimension politique et idéologique, il souhaite apporter une certaine complexité dans la manière d'aborder ces criminels.

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