Deuxième partie de l'enquête de Benoît Collombat

Ce « système Blatter », hérité de l’ère Joao Havelange, rongé par la corruption et par le clientélisme explose désormais au grand jour. Mais Sepp Blatter n’est pas le seul en cause. Le président de l’UEFA (Union européenne des associations de football), Michel Platini, se trouve, lui aussi, dans la tourmente. Comme Blatter, il a été suspendu huit ans par la commission d’éthique de la FIFA. On lui reproche d’avoir touché deux millions de francs suisses dans des conditions contestées. Blatter-Platini : une longue histoire et un mélange de deals secrets et de trahisons.

Un ticket Blatter-Platini conclu à Singapour

1998 est une date clé pour les deux hommes. Après une carrière exceptionnelle de joueur et après avoir dirigé l’équipe de France entre 1988 et 1992, Michel Platini devient coprésident du comité d’organisation de la Coupe du monde . Pour Blatter , 1998 est l’année où il veut succéder au président Havelange . Mais il a, face à lui, un candidat sérieux : le président de l’UEFA , Lennart Johansson . Dans la bataille qui s’annonce, Blatter a donc besoin du soutien de Michel Platini , qui cherche, de son côté, de nouveaux horizons. Les deux hommes vont donc se mettre d’accord, comme le dévoile Alain Leblaing , son ancien collaborateur :

Alain Leblaing
Alain Leblaing © Benoit Collombat/RF / Benoit Collombat/RF

En 1998, je lui suggère de se présenter à la FIFA pour profiter de l’élan de la coupe du monde et montrer à tous les sportifs qu’il était possible pour un footballeur d’atteindre le sommet d’une fédération internationale. Platini me répond : « J’y vais si je gagne. » Un rendez-vous entre Platini et Blatter est organisé à Singapour, le 18 janvier 1998, cinq mois avant le début de la coupe du monde. Platini propose à Blatter d’être son secrétaire général. Mais c’est l’inverse qui va se produire. Blatter se présente à la présidence de la FIFA, tout en prenant Michel comme « conscience technique, footballistique », selon les propres mots de Blatter.

Et William Gaillard , ancien collaborateur de Platini à l’UEFA , d’ajouter :

Michel Platini admirait les talents diplomatiques de Blatter. La manière dont il parvenait à se sortir de ce labyrinthe de 209 pays, à se faire des amis, à être influent. Tout cela le fascinait. Il y avait une admiration mutuelle entre les deux hommes.

« Platini a tout vu… comme sur un terrain »

A partir de 1999, Platini devient donc officiellement le conseiller technique du président de la FIFA . Il rédige des rapports, réfléchit au développement et au calendrier du football. Et devient également une sorte de « super ambassadeur » de Sepp Blatter. Bref, une nouvelle page s’ouvre pour l’ancien « numéro dix » de l’équipe de France. Son ex-collaborateur, Alain Leblaing , se souvient :

Il a beaucoup observé. C’est une éponge. Il a analysé les choses comme lorsqu’il était sur un terrain. Il a progressé en anglais, dans sa relation politique avec les gens, a appris à être moins impatient. Avec Blatter, ça a marché tout de suite. Chacun s’est mis dans la poche de l’autre !

Un salaire de 300 000 francs suisses par an

Platini dispose d’un bureau et de deux collaborateurs, place André Malraux, à Paris . Il se rend régulièrement à Zürich. Il négocie directement son salaire avec Sepp Blatter - 300 000 francs suisses par an - qui fait l’objet d’un contrat écrit. Il le touche pendant les quatre ans de sa mission à la FIFA, de 1999 à 2002. En 2002, Platini intègre le "comité exécutif" de laFIFA avec le titre de vice-président.

Jusqu'ici, rien d’anormal. Mais neuf ans plus tard, en février 2011,Platini va toucher deux millions de francs suisses, sans que le comité exécutif de la FIFA n’en soit informé. Un versement qui intervient quatre mois avant la réélection de Blatter à la présidence de la FIFA . C’est ce paiement considéré comme « déloyal » par la commission d’éthique de la FIFA qui entraîne en décembre 2015, la suspension de toute activité dans le football de Michel Platini pendant huit ans. Platini - commeBlatter - a fait appel de cette décision.

« Combien tu veux ? » « Un million » « Un million de quoi ? »

Michel Platini n’a pas souhaité répondre à nos questions. Mais ses proches expliquent que ce versement n’a rien à voir avec la réélection de Blatter. Selon son entourage, Michel Platini aurait réclamé pour la première fois cet argent en février 2010, et non en février 2011. Ces deux millions correspondraient au solde du salaire promis à Platini par Blatter selon un membre de l’entourage de Michel Platini :

Lors de la signature du contrat de travail de Michel Platini en 1999, Sepp Blatter lui demande : « Combien tu veux ? », Platini ne s’attendait pas à cette question. Il répond : « Un million ! » Il aurait pu gagner beaucoup plus à l’époque en rejoignant un grand club comme le Réal Madrid qui le réclamait. Blatter dit alors à Platini : « Un million, d’accord. Mais de quoi ? De yens ? De dollars ? De yuans ? D’euros ? Ou de francs suisses ? » Puis Sepp Blatter lui explique qu’il ne peut pas lui faire un contrat d’un million par an, mais lui jure qu’au final c’est la somme qu’il touchera. Platini considère qu’il a la parole de Blatter et que le jour où il actionnera sa créance, elle sera payée.

Les proches de Platini insistent également sur le fait qu’une facture a été établie et que cet argent a bien été déclaré au fisc suisse.

Pas de contrat écrit

Mais l'avocat suisse, Christophe Piguet, s’interroge :

Christophe Piguet
Christophe Piguet © Vanessa Cardoso/24Heures / Vanessa Cardoso/24Heures

On peut se demander pourquoi Messieurs Platini et Blatter ont conclu un contrat écrit très précis en 1999, mais s’agissant de ce bonus intervenu une dizaine d’années plus tard, on ne trouve pas la moindre trace d’un contrat écrit. Le problème est là. Michel Platini n’a pas expliqué les raisons pour lesquelles il a reçu subitement cette somme en 2011, qui ne correspond pas à une contre-prestation, puisqu’il avait déjà été rémunéré, à l’époque, selon un contrat écrit.

La « tirelire présidentielle » de Sepp Blatter

Autre point troublant : l’argent finalement versé à Platini n’a pas été provisionné dans les comptes de la FIFA, comme l’explique le journaliste suisse Christian Rappaz :

Un ancien dirigeant de la FIFA m’a révélé que Sepp Blatter s’appuyait sur une « tirelire » qui s’appelait en interne « le compte présidentiel ». Ce « compte présidentiel » ne figurait pas dans les comptes officiels de la FIFA, noyé sous un libellé qui échappait à tout le monde. D’après mon interlocuteur, seules quatre personnes étaient au courant de l’existence de cette « tirelire » : le comptable, le responsable des finances, Sepp Blatter et l’organe de révision des comptes de la FIFA qu’il serait bon d’aller explorer. Ce compte servait à des paiements, comme celui fait à Platini, qui ne passaient pas par le comité exécutif.

« Blatter et Platini, comme deux enfants dans la cour de récré »

Sepp Blatter et Michel Platini à Zurich, juillet 2015
Sepp Blatter et Michel Platini à Zurich, juillet 2015 © Patrick B.Kraemer/EPA/MaxPPP / Patrick B.Kraemer/EPA/MaxPPP

A partir de la fin des années 2000, la lutte d’influence entre Blatter et Platini - élu président de l’UEFA , en 2007, avec le soutien de Blatter – s’intensifie comme en témoigne le juriste Mark Pieth qui a tenté de réformer la gouvernance de la FIFA , entre 2011 et 2013 :

Messieurs Blatter et Platini étaient comme deux enfants se jetant du sable à la tête dans une cour d’école. Ils essayaient de se neutraliser mutuellement.

Quand l’UEFA refuse un contrôle d’intégrité

A l’époque, Mark Pieth tente en vain de mettre en place un contrôle éthique pour tous les membres du comité exécutif de la FIFA :

Mark Pieth
Mark Pieth © Benoit Collombat/RF / Benoit Collombat/RF

Je voulais imposer un contrôle d’intégrité pour les nouveaux candidats et pour ceux qui postulaient à nouveau. Monsieur Blatter était d’accord, mais l’UEFA, et notamment Monsieur Platini, ont bloqué cette partie de la réforme. Pourtant, on aurait pu ainsi prévenir tout ce qui s’est passé par la suite. L’UEFA pensait que Blatter allait utiliser contre elle ces outils dans son jeu de pouvoir. Mais ils n’avaient pas compris. Le principe était que ce système de contrôle d’intégrité se fasse avec des gens indépendants, pas avec Blatter.

Pour l’entourage de Michel Platini , c’est le comité exécutif de la FIFA qui a collectivement bloqué ces réformes, et non Michel Platini en personne.

« Blatter veut la guerre, il va l’avoir ! »

Finalement, c’est au congrès de la FIFA de Sao Paulo , en juin 2014, que l’affrontement Blatter-Platini éclate au grand jour. Philippe Piat, président du syndicat mondial des joueurs, proche de Platini , raconte :

Philippe Piat
Philippe Piat © Benoit Collombat/RF / Benoit Collombat/RF

Blatter a fait voter aux forceps la fin de la limitation du nombre de mandats et de l’âge du président de la FIFA. Platini était fou furieux et a dit : « Blatter veut la guerre, il va l’avoir !» Il a compris alors que le deal qu’il avait passé avec Blatter ne tenait plus. Celui-ci ne voulait plus laisser sa place, et allait briguer un nouveau mandat.

Une étrange panne technologique

Fait inhabituel : ce vote sur le nombre de mandats et l’âge du président s’est effectué à mains levées. Une idée malicieusement soufflée par l’ami suisse de Sepp Blatter , Christian Constantin , président du FC Sion :

Christian Constantin
Christian Constantin © Benoit Collombat/RF / Benoit Collombat/RF

L’objectif était que les votants se découvrent. En s’exprimant à mains levées, les gens ont moins de courage qu’avec un bulletin secret. C’est tout ce que j’ai dit à Blatter et ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Le jour du vote, j’ai appris qu’il y avait eu une panne technologique dans le système de la salle de congrès où devait se dérouler le vote

Une drôle de coïncidence, car cette singulière « panne technologique » va entraîner un vote à main levée avec des cartons verts et des cartons rouges ! Au final, seules les enquêtes du FBI contraindront Blatter à la démission.

Qatar 2022, un dossier à risques

L’attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar , va également cristalliser l’affrontement entre Blatter etPlatini . Les explications d’Eric Champel , journaliste à « France Football » [voir bibliographie ci-dessous] :

Eric Champel
Eric Champel © Benoit Collombat/RF / Benoit Collombat/RF

C’était un dossier considéré comme à risque par la commission d’évaluation. On savait, dès le départ, qu’il serait impossible de jouer l’été au foot au Qatar. Par ailleurs, le Qatar est minuscule, grand comme la Corse. Il n’a aucune tradition footballistique, aucun club référent. Le dossier qatari présentait vraiment beaucoup de handicaps.

Malgré tous ces handicaps, le Qatar décroche pourtant la Coupe du monde , en décembre 2010, à l’issue d’un intense lobbying auprès de nombreux pays et d’acteurs clés du football.

« Un schéma politique »

Pourtant, à l’origine, les Qataris n’espéraient pas vraiment décrocher, du premier coup, cette coupe du monde, comme en témoigne l’homme d’affaires Luc Dayan , proche des Qataris :

Luc Dayan
Luc Dayan © Benoit Collombat/RF / Benoit Collombat/RF

Ils savaient que ça serait très compliqué. Ils avaient travaillé très durement pour essayer de répondre au cahier des charges mais en sachant, du moins dans les premiers temps, qu’ils n’étaient pas les favoris. Par la suite, par le jeu de la politique, du lobbying, est apparu la possibilité d’avoir cette coupe du monde. On est alors entré dans un schéma politique.

Et ce, sous l’impulsion du chef de l’Etat de l’époque, Nicolas Sarkozy . En effet, le 23 novembre 2010, un déjeuner est même organisé à l’Elysée , en présence de Michel Platini , du prince héritier du Qatar - émir du Qatar en 2013 - et du Premier ministre, ministre des affaires étrangères de l’émirat.

Un deal global avec le Qatar

Quelques mois après ce déjeuner à l’Elysée , les Qataris vont reprendre le club de la capitale (le PSG), lancer leur chaine de télévision, et investir dans les droits télé du football français. Les explications deLuc Dayan :

Le PSG était alors en grosses difficultés financières. Il y avait la volonté de séduire les Qataris qui s’étaient déjà positionnés sur le PSG, en 2006. Secundo, il y avait la problématique du financement du football professionnel et de l’appel d’offres sur les droits TV, avec un besoin d’argent pour acheter les droits de retransmission du championnat de France. Au final, il existait donc une convergence d’intérêt pour mettre en place cette alliance. Et donc, ils se sont dits : « On va les aider à avoir la Coupe du Monde. » C’est aussi simple que ça.

De grands groupes français, notamment du BTP, vont, par la suite, décrocher des contrats pour la Coupe du monde au Qatar.

Nicolas Sarkozy : « J’ai soutenu ce choix ! »

Le président n’a jamais caché son soutien à la candidature qatarie. Il l’a même dit ouvertement, en décembre 2012, à Doha :

Nicolas Sarkozy à Doha en décembre 2012
Nicolas Sarkozy à Doha en décembre 2012 © Karim Jaafar@MaxPPP / Karim Jaafar@MaxPPP

Vous savez Majesté combien j’ai applaudi à l’attribution de l’organisation de la coupe du Monde 2022 au Qatar. J’ai applaudi ce choix. J’ai soutenu ce choix. J’ai voulu, avec d’autres, ce choix.

Agent d’influence du Qatar ?

Une attitude du chef d'Etat qui nourrit la suspicion selonAlexis Bachelay député PS et vice-président du groupe d’amitié France-Qatar :

Alexis Bachelay
Alexis Bachelay © Benoit Collombat/RF / Benoit Collombat/RF

Il y avait une volonté de créer un partenariat privilégié entre l’Etat français et le Qatar via une série de décisions politiques : la convention fiscale favorisant les investissements qataris, le rachat du PSG, ce fameux déjeuner de l’Elysée. Cette volonté s’est matérialisée aussi par des relations plus officieuses : il y a de fortes présomptions sur le fait qu’après sa défaite à la présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy a continué d’aller au Qatar où il a donné des conférences rémunérées. Ça accrédite l’idée de renvoi d'ascenseur pour des services rendus lors de sa présidence. On peut penser que l’ancien président a accepté de jouer le rôle d’agent d’influence du Qatar et notamment en direction de la FIFA, et de hauts responsables français au sein de la FIFA.

Partie d’échec autour du Qatar

Au départ Michel Platini est plutôt favorable à la candidature de la Corée du sud pour laCoupe du monde 2022 avant, ensuite, de soutenir lesEtats-Unis . Selon nos informations, il aurait même demandé aux Etats-Unis de laisser la voie libre au continent européen pour 2018, contre un soutien de sa part pour la candidature américaine en 2022. Pourtant, il vote finalement pour le Qata r et le dit même publiquement.

Mais Platini a toujours démenti avoir été influencé par Nicolas Sarkozy ou par qui que ce soit. le journaliste Eric Champel est plus circonspect :

Nicolas Sarkozy a sans doute beaucoup pesé dans la balance. Michel Platini a toujours prétendu le contraire. mais l'ancien président a dû lui faire comprendre que pour l’intérêt de la France, il serait bien de voter pour le Qatar. Quand le président de la République lui-même vous suggère ce vote pour des questions économiques et stratégiques, c’est difficile de refuser ! Platini a peut-être aussi vu ses intérêts personnels en vue d’une future élection à la tête de la FIFA. Un vote utile. Le Qatar et toute cette région du Golfe ne sont pas des alliés négligeables. Peut-être aussi a-t-il voulu démontrer à Sepp Blatter qu’il pouvait avoir plus d’influence que lui, qu’il était, lui aussi, un stratège.

Autre élément qui nourrit la suspicion : un an après l’attribution de la Coupe du monde au Qatar , le fils de Michel Platini , Laurent, était embauché par le fonds d’investissement qatari, QSI , qui a racheté le PSG . Mais Michel Platini dément le moindre lien avec son vote.

Le jeu trouble de Blatter avec le Qatar

Officiellement, Blatter était partisan de la Russie en 2018 et des Etats-Unis en 2022. Mais son jeu vis-à-vis du Qatar est assez trouble. Après avoir été l’allié du sulfureux Qatari, Mohammed Bin Hammam , soupçonné d’avoir orchestré la corruption autour de la Coupe du monde 2022, Blatter réussit à l’écarter de la course à la présidence de la FIFA en 2011. Bin Hammam est aujourd’hui suspendu à vie. Contacté, l'avocat de Sepp Blatter n'a pas souhaité répondre à nos questions.

Hassan Abdullah Al Thawadi, secrétaire du comité pour le Qatar 2022
Hassan Abdullah Al Thawadi, secrétaire du comité pour le Qatar 2022 © Vinod Divakaran@Flickr / Vinod Divakaran@Flickr

Des investigations sont actuellement cours sur cette coupe du monde 2022 au Qatar, comme sur celle de laRussie en 2018. Deux coupes du monde attribuées le même jour, à la demande du secrétaire général de la FIFA de l’époque, Jérôme Valcke , désormais suspendu 12 ans par laFIFA . Le député UDI, François Rochebloine , auteur d’un rapport sur l’éthique du sport au Conseil de l’Europe , estime que :

François Rochebloine
François Rochebloine © Benoit Collombat/RF / Benoit Collombat/RF

Cette double désignation était un choix programmé, organisée pour corrompre certaines personnes. Il n’y a plus de transparence. C’est : « Je te tiens tu me tiens par la barbichette !

Philippe Piat , le président du syndicat mondial des joueurs, va plus loin :

Dans toutes les coupes du monde il y a eu des pressions sur les votants. Il n’y a pas vraiment de différence entre lobbying et corruption. Le système de vote est porteur de soupçons. Mais dans ce dossier du Qatar, personne n’est blanc y compris les Etats-Unis ! Eux aussi font du lobbying.

« La FIFA est un rouleau compresseur qu’il faut combattre ! »

La FIFA est-elle vraiment un pouvoir au-dessus de tous les pouvoirs ? C’est ce que pense Philippe Piat , exemple à l’appui :

En 2001, je discutais de la réglementation des transferts devant la Commission européenne. Dans la nuit qui a précédé les accords, il y a eu des interventions de Silvio Berlusconi, Gerhard Schröder, Tony Blair, via les organisations de football. Ils ont fait pression auprès du commissaire à la concurrence, Mario Monti, et dans la nuit ils ont changé les textes ! Le lendemain, les salariés de la Commission nous ont dit : « On est navrés, ce n’est pas de notre faute, mais on a subi des pressions » La FIFA est un rouleau compresseur qu’il faut combattre. Elle dirige le monde en ne respectant pas les règles, mais en appliquant ses propres règles.

« Il faut dissoudre la FIFA »

Alors que la FIFA est désormais rattrapée par la justice, plusieurs voix s’élèvent pour changer complètement son mode de fonctionnement. Comme celle d’Eric Martin , le président de « Transparency International Suisse » :

Une association privée à but non lucratif, cela convient bien pour les éleveurs de lapins de la vallée de Joux, mais pas pour une institution comme la FIFA ! « Transparency » aurait souhaité que le gouvernement suisse présente une révision du droit des associations excluant toute activité commerciale pour les associations sportives.

William Gaillard , l’ex collaborateur de Michel Platini à l’UEFA , renchérit :

William Gaillard
William Gaillard © Benoit Collombat/RF / Benoit Collombat/RF

Il faut dissoudre la FIFA. Les Suisses doivent prendre leur courage à deux mains et nommer un commissaire qui reconstruira la FIFA. Il faut que chaque fédération soit admise après un audit. Il faut changer le système de vote, séparer l’argent des autres missions de la FIFA. Créer une organisation du XXIème siècle, pas une organisation victorienne. Aujourd’hui, des milliards sont brassés par cette organisation avec un système de comptabilité et d’audit digne de l’épicier du coin !

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.