Pour le sociologue, l'installation de caméras de surveillance sur la voie publique est inefficace, et ne fait que déplacer la délinquance.

Les caméras de surveillance ne sont utiles que pour 1 à 3 % des enquêtes de police sur les faits de délinquance.
Les caméras de surveillance ne sont utiles que pour 1 à 3 % des enquêtes de police sur les faits de délinquance. © AFP / Philippe HUGUEN

Directeur de recherche au CNRS et spécialiste des questions de délinquance, Laurent Mucchielli publie Vous êtes filmés, enquête sur le bluff de la vidéosurveillance. Un travail de terrain de plusieurs années, notamment dans trois villes au profil très différent mais avec un point commun : elles sont toutes équipées de caméras de vidéosurveillance. 

Une conclusion se dégage de cette enquête : la vidéosurveillance ne semble pas être d'un grand secours pour les enquêtes policières, et ne ferait que déplacer la délinquance. "L'aide qu'apporte réellement la vidéosurveillance à la police et la gendarmerie concerne entre 1 et 3 % de leurs enquêtes, explique le sociologue. C'est vraiment peu".

Pour Laurent Mucchielli, certains élus ont un discours démagogique vis-à-vis de la vidéosurveillance. "Des communes s'équipent massivement sans besoin réel, déplore-t-il. Dans un contexte de finances publiques qui se raréfient, pourquoi mettre autant de moyens sur la vidéosurveillance ?"

Le chercheur constate que la plupart du temps, les agents municipaux sont occupés à autre chose que lutter contre la délinquance. "La vidéosurveillance est détournée pour sanctionner les infractions routières. Pour lutter efficacement contre la délinquance, il faut remettre des policiers sur le terrain.

Laurent Mucchielli est l'invité de Benoît Collombat dans Secrets d'info.

Vous êtes filmés, enquête sur le bluff de la vidéosurveillance, est publié aux éditions Armand Colin.

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