Dans un livre autobiographique, l'ancien voyou Gérard Fauré revient sur sa vie de dealer des stars du tout-Paris mais également sur les liens entre le grand banditisme et le SAC (Service d'Action Civique), service d'ordre du parti Gaulliste de l'époque Pasqua.

Des policiers surveillent l'entrée de la Société Centrale de Banque (SCDB) après une tentative de hold-up, le 27 février 1975 avenue de la République à Paris, au cours duquel un caissier et un des gangsters ont trouvé la mort
Des policiers surveillent l'entrée de la Société Centrale de Banque (SCDB) après une tentative de hold-up, le 27 février 1975 avenue de la République à Paris, au cours duquel un caissier et un des gangsters ont trouvé la mort © AFP

"C'est parole contre parole" reconnait Gérard Fauré. Des passages de son livre, "Dealer du tout-Paris, le fournisseur des stars parle", sont effectivement sulfureux.

Dans sa longue de carrière de "voyou", ainsi qu'il se qualifie lui-même, il a surtout été un personnage central du trafic de drogue entre le Maroc, l'Espagne et la France.

Mais il a aussi connu une période au sein du SAC dans les années 70. Il affirme avoir participé avec le Service d'Action Civique, à des braquages et même à des assassinats politiques en Espagne.

Pour les braquages, "on avait notre part, l'autre part allait dans les caisses du parti gaulliste. Gaetan Zampa s'est confié à moi. Il me faisait confiance". Zampa est l'une des figures du Milieu marseillais des années 70.

"J'ai participé à deux braquages en France et un aux Pays-Bas, poursuit Gérard Fauré. C'était un directeur de banque qui nous avait donné les plans de la banque, les clés de la banque carrément. Et il nous disait commet arrêter l'alarme. On savait tout."

Avec le SAC, Gérard Fauré affirme également s'en être pris à des militants de l'organisation séparatiste basque ETA, sur le sol français et en Espagne, "quelques basques un peu gênants" à l'époque de la dictature franquiste. "Franco ne voulait pas mêler des Espagnols à ces histoires-là."

Pourquoi parler aujourd'hui ? "Je n'avais pas trop l'intention de parler. J'ai écrit ce livre il y a dix ans, parce que j'avais envie de me vider."

Son témoignage peut paraître incroyable voire choquant. "Ma parole vaut autant que celle des politiques, voire même plus parce qu'en tant que voyou, j'ai un code d'honneur et j'ai une parole. La parole donnée dans notre milieu, on est mort si on ne la respecte pas." 

Gérard Fauré. Le 24 octobre 2018.
Gérard Fauré. Le 24 octobre 2018. © Radio France / Benoit Collombat
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