Selon l'écrivain Vincent Crouzet la vente d’UraMin à Areva en 2007 a donné lieu au versement de rétro-commissions dont les traces existent encore dans trois banques monégasques

Vincent Crouzet publie "Une affaire atomique", un ouvrage au cœur d'un scandale d'Etat
Vincent Crouzet publie "Une affaire atomique", un ouvrage au cœur d'un scandale d'Etat © Radio France / Léa Dupouy Hennequin

Interrogé par Secrets d’Info sur France Inter, l'auteur Vincent Crouzet révèle des informations totalement inédites.

UraMin, c'est cette société canadienne qui, en juin 2007, vend trois gisements d’uranium à la multinationale Areva au prix exorbitant de 1,8 milliard €.

Mais ces mines se sont révélés totalement inexploitables et le fiasco a coûté au total 3 milliards d'€.

Vincent Crouzet a recueilli les confidences de Saifee Durbar, un homme d'affaires pakistanais opérant dans le domaine de l'uranium, condamné en 2007 (l’année de la vente d’UraMin à Areva) pour une escroquerie. Selon Saifee Durbar, cette vente à un prix inexplicable a en réalité fait l’objet, en amont, d’une entente entre acheteur et vendeur, et a été suivie de reversements d’argent.

Mais il y a mieux : selon l'écrivain, citant une autre source, des flux financiers suspects se sont produits en été 2007, juste après l’OPA, sur les comptes d’une très haute personnalité « ni française ni africaine, peut-être bien monégasque », argent résultant de rétro-commissions liés à cette vente. Il donne le nom de 3 banques monégasques particulièrement suspectes selon lui :

La première, c'est la filiale monégasque de la banque suisse Julius Baer, une très grande banque suisse, la seconde c'est la banque siennoise dei Monte Paschi aujourd’hui nommée Andbank Monaco. Et la troisième banque c'est la banque Pasche du groupe luxembourgeois Havilland.

Ces informations sont livrées alors qu’il ne reste que quelques mois avant que la prescription de 10 ans prenne effet à Monaco.

Vincent Crouzet prévient toutefois ne pas mettre "en cause la responsabilité formelle de ces banques qui brassent des milliards tous les ans", mais il ajoute que "la réputation de certaines laissent à désirer, ce ne serait pas étonnant que l'on retrouve des fonds douteux passant par ces 3 banques"

Pour aller plus loin
►► Vincent Crouzet
publie "Une affaire atomique" (Robert Laffont).
►► RAPPEL de l'affaire |Uramin / Areva : fiasco industriel ou vaste escroquerie ?

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