David Vallat plaide pour une lutte sans merci contre l'islamisme radical en France, et dénonce la chape de plomb qui pèse sur le sujet et l'immobilisme des pouvoirs publics.

Août 1995 : le Français David Vallat, 23 ans, est arrêté pour son implication dans les réseaux GIA qui terrorisent alors la France (attentats du RER St Michel). Il fait partie de cette première génération de djihadistes français, fréquentant Khaled Kelkal, Ali Touchent ou Boualem Bensaïd. Il passera cinq ans derrière les barreaux. Dans Terreur de jeunesse, l'ex-djihadiste repenti témoigne de sa radicalisation et de sa "guérison" progressive grâce notamment à la découverte de la lecture en prison . Il plaide pour une lutte sans merci contre l'islamisme radical en France, dénonce la chape de plomb qui pèse sur le sujet et l'immobilisme des pouvoirs publics.

Dans «Terreur de jeunesse », David Vallat fait d'abord le récit de son parcours vers le djihadisme : son entraînement chez les Chasseurs Alpins, sa conversion à l’islam, son départ en Bosnie où il est intégré dans une unité combattante en pleine guerre des Balkans ; son retour en France et sa radicalisation qui l’amène à passer neuf mois dans les camps d’entraînement djihadistes d’Afghanistan où il côtoie les réseaux terroristes algériens des attentats de 1995 en France. Dans la région Rhône-Alpes, il doit participer à un réseau d’acheminement d’armes, il y rencontre notamment Khaled Kelkal, mais se refuse à agir sur le territoire français.Il est arrêté en août 1995.

En prison, le jeune Vallat se déradicalise progressivement, par « palier de décompression » dit-il. Une évolution extrêmement rare dans un tel contexte. Et c'est grâce aux livres qu’il dévore :

Difficile pour un être humain de reconnaître qu’il s’est trompé. J’ai réussi cet effort surhumain grâce aux livres. Cela finit par agir sur ma vision du monde. Je fais un reset total de mes convictions politiques et me réapproprie une nouvelle vision du monde grâce à la lecture

David Vallat devant Radio France, avril 2016
David Vallat devant Radio France, avril 2016 © Elodie Guéguen/RF / Elodie Guéguen/RF

Son livre est une dénonciation claire et ferme de l’islam radical et une tentative pour comprendre de l’intérieur ce qui peut pousser un jeune Français d’hier ou d’aujourd’hui à partir combattre dans les rangs djihadistes. Il a décidé de l’écrire au lendemain de l’attentat contreCharlie Hebdo en janvier 2015, car, selon lui :

Le message subliminal [des attentats] est de nous faire taire. Nous sommes aujourd’hui face à une chape de plomb sur le sujet. On ne peut jamais aborder le sujet de l’islam sans être taxé d’islamophobe, on s’interdit d’en parler : exactement le piège dans lequel veulent nous faire tomber nos adversaires

Et quand Secrets d’Infos demande à David Vallat comment un jeune délinquant, cambrioleur ou trafiquant de drogue peut se radicaliser en quelques semaines et devenir un soldat du djihad, il répond :

Plus vous avez été dans la violence, plus votre récompense dans un au-delà sera importante. C’est un peu l’histoire du fils prodigue revisitée ! Quand on parle d’islamisation de la radicalité on veut faire l’économie de la réflexion et de la pensée à savoir : à quelle idéologie on doit faire face. Pour peu que votre vie ressemble à une succession d’échecs et qu’on vous vende que vous serez vainqueur dans l’au-delà à cause de ces mêmes échecs, alors vous validez. Ces échecs deviennent les jalons d’une rédemption mirifique . Moi-même j’étais persuadé d’aller au paradis !

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