Dominique Méda, professeure de sociologie à l'Université Paris-Dauphine, analyse la réforme du Code du travail.

Le gouvernement a-t-il choisi la meilleure approche pour réformer le code du travail ? Pas forcément, estime la professeure de sociologie Dominique Méda. Au micro d'Ali Baddou, notre invitée a regretté que la philosophie générale de la future loi de réforme repose sur la vision du travail comme une charge, comme un obstacle, plutôt que comme un outil.

Les ordonnances publiées hier reposent sur une idéologie de flexibilité. Comme dans les pays scandinaves ? Pas du tout, réfute la sociologue. Au Danemark ou en Suède, les syndicats sont présents, bien plus qu'en France. Dominique Méda estime donc qu'en passant outre leur intervention dans les TPE et les PME de moins de 50 salariés, on s'éloigne du fonctionnement scandinave.

Dominique Méda a également balayé la situation du travail en Allemagne. Certes, notre voisin résiste mieux face au chômage et est reconnu pour sa création d'emplois. Mais à quel prix ? La professeure explique que cela s'est fait par une fragmentation de l'emploi. Avec pour résultat un nombre croissant de petits emplois précaires qui ont pour conséquence une proportion bien plus élevée qu'en France de salariés en situation de pauvreté.

Au regard de cette situation allemande, Dominique Méda veut alerter la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, sur le risque. En commençant par la flexibilité, le gouvernement n'oublie-t-il pas la sécurité des salariés français ?

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