Face à l'épidémie de coronavirus, le président de la Fédération hospitalière de France, Frédéric Valletoux, réclame un renforcement de la solidarité entre hôpitaux français et européens.

"L’afflux de patients bouscule les capacités des hôpitaux." Et les établissements doivent se réorganiser en permanence, raconte le président de la Fédération hospitalière de France, Frédéric Valletoux, invité de France Inter vendredi matin, constatant la "tension extrême" en Île-de-France et dans le Grand Est. "J’appelle à un renfoncement massif de la solidarité nationale, avec des transferts de patients plus massifs, le déplacement de personnels des régions les moins touchées, ou la solidarité européenne vers les hôpitaux de pays voisins", poursuit-il. 

La solidarité européenne, qui selon Frédéric Valletoux, "pour l'instant ne s'exprime pas beaucoup" : "Nos voisins allemands prennent leur part, peut-être qu’il faut aller plus loin.

Recherche "effrénée" de matériel

"Il y a une recherche effrénée de matériel aujourd'hui. On voit que ça avance un peu mieux, que des livraisons arrivent, commandées par l'État, par les régions qui ont réussi à trouver des filières d'approvisionnement", se satisfait Frédéric Valletoux qui estime qu'il faudra tout de même tirer des conséquences de cette question. 

Autre question, celle des médicaments essentiels, notamment pour les patients en réanimation, dont les stocks s'amenuisent. "C’est un sujet d’inquiétude regardé avec beaucoup d’attention. Les stocks s'épuisent et les équipes racontent le souci d’économie avec lequel elles utilisent les médicaments. Les stocks peuvent se reconstituer mais c’est un sujet d’inquiétude.

Quant au déconfinement, évoqué par le Premier ministre, ce n'est pas un sujet aujourd'hui estime Frédéric Valletoux. "Il faut penser à tous ceux qui sont au front, qui ont des semaines de sept jours de boulot, des semaines qui s'étirent parce que l'épidémie s'étire."

Une épidémie dont le nombre de morts est, notamment pour la question des Ehpad ou des décès à domicile, "difficile à estimer quand on est au chaud de l'action". "L'information sur la transformation d'un bâtiment de Rungis transformé en morgue est glaçante, mais elle va aussi permettre à tous les Français de mieux saisir que cette épidémie est réelle, et que de plus en plus de familles vont être touchées par le deuil", conclut-il. 

  • Légende du visuel principal: Frédéric Valletoux © AFP / Ludovic Marin
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