Le philosophe Michaël Foessel publie "La nuit : vivre sans témoin". Il est l'invité d'Ali Baddou.

Et si la nuit, loin d'être opposée aux Lumières, mettait au jour une nouvelle manière de vivre ?
Et si la nuit, loin d'être opposée aux Lumières, mettait au jour une nouvelle manière de vivre ? © Getty / Michael Blann

Face à la situation inédite de François Fillon, dans cette campagne présidentielle, le philosophe Michaël Foessel estime que le candidat de droite est la figure inversement symétrique de François Hollande :

"Ce qui est touché, c'est le positionnement de François Fillon", poursuit le philosophe. "Il avait beaucoup joué sur le positionnement de l'homme intègre et de la famille (...) l'idée de la valeur famille, hiérarchisée et forcément discrète(...) A force de ne rien vouloir en dire, le coup de projecteur a été fatal".

On se croyait dans la "Petite Maison dans la Prairie", on s'est retrouvé chez Chabrol

"Il suffit d'ouvrir un placard pour que tout nous tombe dessus (...) La famille c'est aussi une valeur économique, sans parler des névroses qui vont avec (...) Il n'y a pas de hasard à ce que le dernier carré des soutiens inconditionnels se trouvent du côté de Sens Commun".

Le philosophe publie "La nuit : vivre sans témoin", et explique que la nuit, "il n'y a pas de témoin à charge", et de rappeler qu'un très ancien principe du droit romain demandait d'arrêter la justice entre l'arrivée de la nuit et le lever du jour. "Je suis très attaché à ce principe du suspens nocturne de la police", explique-t-il en regrettant que les perquisitions et les interrogatoires soient autorisés la nuit.

La nuit, représentative d'une société, est en danger, estime le philosophe, car une des conditions pour aller à la nuit, c'est de "ne pas s'attendre à ce que, de l'obscurité, des menaces surgissent en permanence". "On peut en partie jauger l'état d'une démocratie à l'état de ses nuits". Et de citer l'exemple de la "Ville Lumière" :

La nuit parisienne n'est plus celle de "Paris est une fête" d'Hemingway

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