Gilles Kepel, islamologue, est l'invité d'Ali Baddou à 7h50.

Le procès Merah est révélateur des failles des services de renseignement. Il nous plonge dans l'univers social et culturel des djihadistes. Gilles Kepel revient sur le "djihadisme de quatrième génération".

"Cela aurait du être le procès du terrorisme" rappelle Gilles Kepel.

"Beaucoup attendaient que ce procès rendent justice à ce qui s'est passé à Montauban et Toulouse". 

Il y a eu un dysfonctionnement majeur à l'époque: qualifier Merah de loup solitaire, le problème maintenant, c'est l'institution judiciaire

"C'était Abdelkader Merah qui était jugé, et non son frère. La déception ne vient pas du procès, mais du signal que ça donne", estime l'islamologue.

La prison française est l'ENA du djihadisme

"En prison, Abdelkader Merah va être considéré comme un héros pour cette mouvance", craint Gilles Kepel, qui explique aussi que "ce procès coïncide avec la chute de Rakka (...) Les meurtres commis en 2012 sont le début de ce djihadisme de troisième génération, et le procès Merah intervient au moment ou cette phase se clôt".

"Ici on a un concentré", estime Kepel pour qui les Merah sont des "Atrides à la sauce salafiste"(...) Le prévenu a passé son temps à dire : 'Vous avez votre justice, nous avons la nôtre'".

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