La romancière franco-marocaine a reçu le Prix Goncourt pour «Chanson douce», son deuxième roman. Elle est l'invitée d'Ali Baddou

La romancière, lauréate du Prix Goncourt, en septembre 2016
La romancière, lauréate du Prix Goncourt, en septembre 2016 © AFP / JOEL SAGET

La romancière franco-marocaine a reçu le Prix Goncourt pour «Chanson douce», son deuxième roman. Elle est l'invitée d'Ali Baddou.

Elle a passé une courte nuit après avoir reçu sa récompense, mais Leila Slimani garde les idées claires dans sa vision de la littérature : décerner le prix Goncourt à une femme n'est pas anodin, car "on est nombreuses et les lecteurs sont des lectrices, on rencontre beaucoup de femmes quand on va dans les librairies, elles ont une véritable passion pour le roman".

Un geste important aussi, au Maroc, sa terre d'origine, où des séances de dédicaces ont été organisées à Rabat, avec beaucoup de jeunes lecteurs : "l'incarnation peut avoir beaucoup de poids au Maroc [...] Quoiqu'on écrive, c'est subversif".

Surprendre

Leila Slimani explique par ailleurs qu'elle encadrera, fièrement, la dotation reçue pour son prix Goncourt : un chèque de 10 euros, qu'elle installera "avec des néons autour". Sa plus belle récompense reste toutefois d'avoir réussi à surprendre, loin des clichés attendus sur les écrivains d'origine maghrébine :

D'où l'intérêt de s'emparer d'un fait divers terrible survenu à New-York, la, mort de l'enfant dans une famille de bourgeois "ouverts, tolérants, pas racistes" et une femme "déclassée, une étrangère". Un roman qui raconte aussi la lutte des classes, la domination, avec une "forme de joie à faire trembler le lecteur, avec un début aussi violent".

Le regard de l'écrivain sur le Maroc est aujourd'hui sans appel : une législation dépassée, avec des normes anciennes, trop décalées par rapport à une société où "les marocains ont une sexualité en dehors du mariage, et c'est très tout à fait normal", explique la lauréate du Goncourt 2016.

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