David Djaïz, haute-fonctionnaire, auteur de "Slow Démocratie" (Edition Allary), est l'invité d'Ali Baddou. Il prône une "reprise en main de notre destin" par une réappropriation des mécanismes de la démocratie.

David Djaïz
David Djaïz © Olivier Martyallary

A moins de 30 ans, le haut-fonctionnaire David Djiaz réfléchit sur un concept de "slow démocratie", référence à la "slow food" développée depuis le début des années 90 en Italie : "Il y a un désir très puissant dans les sociétés de reprendre du temps, de reprendre son destin en mains. C'est valable pour la gastronomie, je crois que c'est aussi valable pour la politique", explique-t-il, ajoutant : "La mondialisation nous a mis dans un processus d'accélération qui parfois nous a fait perdre le sens de la délibération publique".

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Il invite ainsi à "reprendre son destin en main" : mais comment ce slogan, utilisé par les partisans du Brexit en Grande-Bretagne, se retrouve-t-il dans le discours d'un homme de gauche ? "Ce n'est pas injurieux : ça correspond à un affect puissant qui est le contrôle de soi-même."

"La volonté de contrôler ce qui nous arrive, ça s'appelle la démocratie"

Il affirme regretter que seule l'extrême-droite, "qui n'en a que faire, s'empare du thème de la nation pour en parler sur un mode identitaire qui n'a rien à voir avec ce qu'est la nation démocratique". "Ce qui est très important aujourd'hui, c'est de réapprendre à parler positivement de la nation", déclare-t-il. 

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"La plupart des intellectuels qui parlent aujourd'hui de la nation exaltent l'ethnie, l'identité, etc", déplore-t-il, alors que selon lui en réalité la nation, "ce sont des mécanismes concrets, quotidiens, comme par exemple la solidarité entre les territoires". Il cite comme exemple le fait que "l'île-de-France produit beaucoup de richesses, dont une partie est redistribuée silencieusement à d'autres parties du territoire français : ça, c'est la nation".

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Il appelle ainsi à mettre en oeuvre des mécanismes de "délibération publique" : "La mondialisation a déporté les compétences ou les pouvoirs vers d'autres autorités, vers d'autres niveaux. On peut encore agir, on a plus de marge de manœuvre qu'on croit". 

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Ancien de SciencesPo et de l'ENA, il explique ne pas se sentir comme partie de l'élite : "J'ai bien travaillé à l'école, j'ai préparé des concours, je suis très heureux de servir mon pays. J'ai écrit ce livre car j'ai la passion de la France, et je trouve qu'en ce moment nos sociétés vont mal, et je propose quelques solutions pour essayer de surmonter ces difficultés".

Est-ce une forme de programme politique ? "J'essaie de donner quelques clés à tous les gens de bonne volonté qui ont envie de voir leur pays avancer et ne supportent pas cette opération de piraterie sémantique qu'est le détournement de la nation par les identitaires". 

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