Line Renaud, cofondatrice et vice-présidente du Sidaction, et Jean-Paul Gaultier, parrain de la 25e édition de l'opération, sont les invités d'Ali Baddou. Ils font l'état des lieux des avancées et des risques qui existent encore.

Jean-Paul Gaultier et Line Renaud
Jean-Paul Gaultier et Line Renaud © Radio France / Anne Audigier

Il y a 25 ans, Line Renaud lançait la première édition du Sidaction à la télévision. "C'est un cri de guerre que je lançais : la France est en guerre contre un virus. La France est toujours en guerre contre ce même virus", raconte-t-elle aujourd'hui. "Le chemin parcouru est énorme, mais il reste beaucoup à faire : les chercheurs continuent à chercher un vaccin préventif, il y a toujours de nouvelles thérapies, c'est pour ça que les chercheurs ont toujours besoin de nous, de vos dons".

​Line Renaud est rejointe par le créateur de mode Jean-Paul Gaultier pour cette 25e édition : "Les gens ont l'impression que comme la recherche avance, il ne faut plus du tout se protéger ni s'informer pour savoir s'ils sont séropositifs ou pas. En plus quand on est jeune, on a tendance à penser que jamais ça ne vous touchera. Au contraire, le sida peut s'attraper à n'importe quel âge. C'est une forme d'inconscience qu'on a quand on est jeune, qui peut être merveilleuse parce qu'elle nous fait aller vers plein d'endroits, mais qui peut aussi nous faire faire des conneries, et là c'en est", explique-t-il, alors qu'il y a encore 6 400 nouvelles infections par an en France.

​"Et surtout, il faut se faire dépister : une personne dépistée donc traitée ne transmet plus le virus".

​Il y a 25 ans, pour la première fois, toutes les chaînes de télévision étaient mobilisées ensemble : "C'était unique, d'avoir toutes les chaînes de télévision ensemble, unies, mobilisées pendant neuf heures, le même programme sur toutes les chaînes. On avait recueilli 45 millions d'euros pour cette soirée de neuf heures", se souvient Line Renaud. ​"Ça a vraiment bousculé le tabou. A l'époque, on ne disait même pas le mot de Sida, on disait "la maladie". Ça a permis de dire ce que c'était, et de se rendre compte qu'il y avait plein de personnes qui pouvaient l'attraper : on disait que c'était une maladie d'homosexuels, or ce n'était pas le cas. C'était incroyable de voir que tout le monde en parlait librement, de voir l'union de toutes les chaînes pour cette cause", ajoute Jean-Paul Gaultier.

​Quand elle a lancé l'association des artistes contre le Sida, en 1985, Line Renaud a même reçu des lettres de menace : "Je recevais des lettres presque d'insultes, parce qu'on disait que c'était une maladie d'homosexuels, de drogués, on me disait "ils l'ont voulu, laissez-les mourir". Quand on a fait le premier Sidaction en 1994, plus jamais je n'ai reçu ce genre de courrier". Pour Jean-Paul Gaultier, c'est essentiellement lié à l'ignorance du public : "Les gens ne savaient pas vraiment comment ça s'attrapait. C'est pour ça aussi qu'il y a eu ce geste très symbolique et magnifique de Clémentine Célarié, quand elle a embrassé quelqu'un qui était atteint du virus". "Encore aujourd'hui, nous devons répéter ce discours : ça ne s'attrape pas par une poignée de main, par un postillon", précise Line Renaud.

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