Eric Morvan, directeur général de la police nationale est l'invité d'Ali Baddou, au lendemain du verdict du procès des policiers brûlés à Viry-Châtillon et des manifestations de la grève contre la réforme des retraites.

Au lendemain de la mobilisation qui a rassemblé 806 000 manifestants en France selon le ministère de l'Intérieur et 1,5 million selon la CGT, le directeur général de la Police nationale Eric Morvan affirme que l'essentiel des manifestations s'est déroulé sans heurts majeurs. "Les manifestations ont pu se dérouler dans un calme relatif, avec une forte mobilisation" et une trentaine de dégradations en France. "Cela prouve que dans ce pays, lorsque les choses sont organisées, déclarées, et notamment par des organisations connues qui acceptent de travailler avec les services, on est capable de manifester avec des mobilisations très importantes". 

S'il reconnait que les black blocs présentent un "réel élément de complexité" car il ne sont pas formés au début des manifestations, il explique que "dès lors que le black bloc est identifié, il y a une manœuvre d'ordre public complexe, qui consiste à cisailler le cortège pour les isoler, les réduire, et faire en sorte que le reste du cortège puisse continuer normalement". 

Après l'année que nous venons de vivre, manifester peut-il encore être un geste aussi spontané, tranquille et pacifique qu'avant ? "Je constate qu'aujourd'hui, est rejetée l'idée même d'un usage légitime de la force. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de temps en temps des dérapages - ils sont poursuivis d'ailleurs - mais on voit bien qu'il y a une remise en cause du principe même d'utilisation légitime de la force : par exemple, la plateforme de l'IGPN est saisie par des personnes qui protestent contre le fait d'avoir eu à respirer des gaz lacrymogènes". 

Au lendemain du verdict du procès de l'affaire des policiers brûlés en 2016 à Viry-Châtillon, et alors que plusieurs syndicats de police dénoncent des peines qui sont selon eux trop faibles, Eric Morvan, qui ne souhaite pas commenter des décisions de justice, rappelle que "les peines sont lourdes : 20 ans de réclusion criminelle pour des mineurs, ce n'est pas la démonstration d'un laxisme". 

"J'ai rencontré plusieurs des policiers gravement brûlés dans cette affaire, et c'est insupportable : je comprends l'émotion, la colère, l'expression syndicale qui n'y trouve pas son compte, mais en tant que responsable d'une institution je ne peux pas ne me situer que dans l'affectif : nous sommes dans un État de droit, les décisions de justice doivent être respectées".

  • Légende du visuel principal: Eric Morvan, directeur général de la police nationale © Maxppp / IP3 / Aurelien Morissard
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