Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF, est l'invité d'Ali Baddou à 7h50.

Alors que la journée de samedi s'annonce comme une nouvelle journée de mobilisation des "gilets jaunes", le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, invité ce vendredi sur France Inter, déplore le fait que les entreprises soient "pointées du doigts" dans la question du pouvoir d'achat. "Je trouve incroyable qu’on pointe du doigt les entreprises, alors que c’est un problème d’impôts. Si vous allez dans les manifestations, les salariés manifestent ou bloquent après leur travail", affirme-t-il. 

"Malgré les appels à la grève des uns et des autres, il n’y a pas plus de conflits dans les entreprises qu’il y a un an. Le problème, c’est pas dans les entreprises que ça se pose : c’est encore une fois un problème de révolte fiscale", affirme-t-il. Selon lui, "les entreprises sont responsables de l’économie et ont fait ce qu’il faut faire. On fait notre part. Mais je ne voudrais pas que cette révolte fiscale se transforme en mettant en accusation des entreprises qui font leur travail".

Il explique refuser l'idée que les entreprises soient "les bouc-émissaires de cette révolte fiscale" : "Je supprime un impôt pour les ménages, mais comme je ne réduis pas les dépenses publiques qui sont les plus élevées du monde, je me tourne vers qui ? Vers les entreprises". Aussi met-il en garde, en rappelant que "Les entreprises ça ne manifeste pas, ça ne bloque pas les ronds points. Juste, ça arrête de créer des emplois. Qu’est-ce qui va se passer ? Il y aura malheureusement le chômage qui va repartir à la hausse".

"Je dis, au nom des entrepreneurs, qu'il y a urgence à baisser les dépenses publiques pour baisser les impôts. On ne peut plus continuer à créer des impôts pour remplacer des impôts qu'on supprime". 

Le problème, selon lui, ne vient pas non plus de l'ISF : "Ce n’est pas parce qu’on va taxer plus les riches que le pouvoir d’achat des pauvres ou des gens qui souffrent sera réglé. On est déjà dans un pays qui surtaxe tout le monde. Le problème, c’est de supprimer les impôts de tout le monde".

Quelle solution proposer, alors, pour le pouvoir d'achat ? Le président du MEDEF approuve l'idée, émise par le gouvernement, de primes exceptionnelles, défiscalisées et exonérées de charges : "Il y a des entreprises où ça va bien, c’est pour ça que le système de prime exceptionnelle que propose le gouvernement est une bonne idée. Pas toutes les entreprises, mais, celles qui le peuvent. Pour les commerces qui subissent la concurrence d’Amazon et qui vont avoir un très mauvais mois de décembre, ce ne sera pas possible. Mais il y a des secteurs où ça marche bien". 

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Geoffroy Roux de Bézieux © AFP / Bertrand Guay
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