Le Président Hollande est attendu dans l'Aisne pour les cérémonies du centenaire de l’offensive Nivelle du 16 avril 1917 au Chemin des Dames. L'historien est l'invité d'Ali Baddou

 Attaque française au Mont des Singes, Collection particulière - Plaque de verre stereoscopique sur la Premiere guerre mondiale
Attaque française au Mont des Singes, Collection particulière - Plaque de verre stereoscopique sur la Premiere guerre mondiale © AFP / Josse / Leemage

Le Président Hollande est attendu dans l'Aisne pour les cérémonies du centenaire de l’offensive Nivelle du 16 avril 1917 au Chemin des Dames. L'historien Nicolas Offenstadt, spécialiste de la première Guerre mondiale est l'invité d'Ali Baddou.

En 1917, un million d'hommes étaient mobilisés sur cette offensive, et 90.000 d'entre eux sont morts. Pourquoi commémorer cette défaite ? "C'est avant tout pour commémorer la mémoire des soldats qui se sont battus", explique Nicolas Offenstadt. "On ne peut pas commémorer une offensive ratée qui met en cause et le commandement et le gouvernement, donc c'est avant tout pour se pencher sur la mémoire des soldats".

Vers une réhabilitation ?

François Hollande sera le premier chef d'Etat français à commémorer cette bataille. L'organisation est millimétrée, et la question de la chanson de Craonne, chantée par les soldats mutins et interdite jusqu'en 1974, s'est posée. "Cette chanson ne devrait pas poser problème, c'est un symbole du ras-le-bol des soldats" à l'époque, déjà utilisée dès 1915 avec d'autres villes, selon lui. "C'est avant tout une chanson anti-guerre", explique-t-il. "Cette chanson correspond exactement à ce qu'ont vécu beaucoup de soldats", affirme Nicolas Offenstadt, en réaction aux anciens combattants qui ont déploré l'utilisation de cette chanson.

Il sera aussi question, lors de cette commémoration, des soldats fusillés pour l'exemple au cours de cette bataille marquée par les révoltes et les mutineries. Est-il question de les réhabiliter, là où Lionel Jospin en 1997 les avait réintégrés à la mémoire. "François Hollande a déjà fait ce qu'il y avait à faire : mettre en ligne les dossiers des fusillés, et refaire faire la muséographie du musée de l'Armée pour y intégrer la mémoire de la désobéissance", assure l'historien, qui reconnaît avoir été consulté par les équipes de François Hollande pour l'écriture de son discours commémoratif.

"Pas un seul monument national"

Pendant très longtemps la bataille du Chemin des Dames a été "marginalisée, dès les années 20", précise Nicolas Offenstadt. "Remarquez : la bataille mobilise un million d'hommes, 90.000 morts, et il n'y a pas un monument commémoratif national". Pourquoi ? "C'est un échec d'une offensive française ; à Verdun et dans la Marne, la France défendait. C'est toujours plus difficile de célébrer une offensive ratée".

La commémoration devrait aussi être une occasion de rendre hommage aux tirailleurs sénégalais, qui ont eux aussi payé un lourd tribut dans cette bataille. "Pour des troupes venues d'Afrique, il y avait des souffrances particulières au froid, sans compter que le commandement était beaucoup plus dur avec les troupes coloniales", explique-t-il.

Regardez l'intégralité de l'interview de Nicolas Offenstadt

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