Alain Souchon, chanteur, est l'invité d'Ali Baddou à 7h50. Il est nommé trois fois ce vendredi soir aux 35e Victoires de la Musique.

Alain Souchon
Alain Souchon © AFP / Daniel Pier

Alain Souchon, nommé trois fois aux Victoires de la Musique ce vendredi soir, fait partie de la culture collective des Français. "La chanson française, ce sont des chansons qui racontent des histoires : c'est ça qu'on aime en France depuis le Moyen-Âge, où les gens racontaient les épopées guerrières de leurs princes (...) après il y a eu les auteurs compositeurs comme Béart, Brel, Brassens. Moi, je suis dans cette lignée-là, en essayant d'être à la hauteur du truc". 

"Ça scande toute la vie des chansons qu'on a entendues quand on avait 5 ans, 20 ans, quand on tombe amoureux et qu'on se marie. Il y a toujours des chansons qui évoquent ces moments".  

Lui-même avoue ne pas avoir envie de faire partie du "patrimoine", à l'instar de Charles Trenet qui, raconte-t-il, disait "Je n'ai pas envie d'être l'Arc de Triomphe !". Pourtant, malgré les évolutions du milieu de la musique, et du milieu médiatique, il estime que beaucoup de choses n'ont pas changé : "Prenez Bob Dylan en 1961, prenez-le maintenant. Ça fait aussi mal, il est engagé, il a l'air de se foutre de tout (...). Que ça passe par Instagram ou par la télévision, c'est pareil, l'âme des choses n'a pas changé : un bon bouquin, c'est un bon bouquin, une bonne chanson, c'est une bonne chanson". 

Comment Alain Souchon écrit-il sur le monde ? "Je ne juge pas, et ne me permettrais pas de donner des leçons, comme le faisaient certains. Je regarde, et quelquefois mon regard me fait de la peine, et ça se sent. Ou quelquefois, mon regard me fait rigoler (...). Quand je vois des gens devant une usine, avec des gars qui ont 55 ans, et qui pleurent parce que leur usine va fermer, ou quand on voit une famille sur un bateau pneumatique qui traverse la mer parce que des salauds leur ont dit que là-bas, ce serait le paradis, c'est bouleversant". C'est quand il prend deux ou trois ans pour écrire de nouvelles chansons qu'il prend le temps de poser ce regard sur le monde, raconte-t-il. 

"J'ai l'air d'un farfelu comme ça, mais en fait, je suis sérieux. J'aime cette rigueur de la rime et de la cadence des mots". 

Lui qui parle beaucoup de séduction dans ses chansons, il dit admirer les présidents de la République, des "machines à séduction" dit-il. Des artistes qui, comme lui, vont sur scène, il estime qu'il y a "une espèce d'hystérie à vouloir se montrer comme ça devant des milliers de gens. C'est un peu une folie. C'est un peu idiot, et en même temps assez grisant. C'est un métier (...). Il faut réaliser qu'on a de la chance d'être chanteur, que c'est merveilleux de pouvoir faire ça. Si en plus on gagne sa vie, on peut payer son loyer, c'est formidable, mais il ne faut pas perdre la tête". 

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