Le réalisateur français Jacques Audiard, palme d'or 2015 pour "Dheepan" est l'invité d'Ali Baddou à l'occasion de la sortie de son nouveau film "Les Frères Sisters". Il en parle en exclusivité sur France Inter.

A propos de son nouveau long-métrage, "Sisters", histoire de deux frères sur fond de ruée vers l'or dans une Amérique de western, Jacques Audiard explique : "A cette époque-là, la ruée vers l'or est la première utopie, guidée par la cupidité".  

Le livre de Patrick de Witt [dont le film est tiré, ndlr] m'a poussé au western. C'est une littérature assez précieuse : mes héros sont des ploucs qui parlent comme des marquis 

"Le cinéma a été mon éducateur entre 12 et 16 ans ajoure le réalisateur, qui explique pourtant n'avoir jamais eu trop de goût pour le western : 

Le masculin est intéressant quand ses qualités ou son style de virilité sont en train de s'effondrer    

Le film possède une place particulière à travers l'oeuvre de Jacques Audiard, puisqu'il évoque une histoire de fraternité, qui résonne avec l'histoire intime du réalisateur. Ce qui n'était, dit-il, pourtant pas son intention de départ  : "L'inconscient est con, ou alors c'est juste moi (...) Et tout à coup, quelqu'un dit c'est limpide, tu vas le dédier à François ( le frère aîné du réalisateur, mort quand il était jeune, ndlr). Mais c'est une comédie vous savez !"     

Après avoir fait 25 ans de tour du monde à travers les festivals de cinéma, Jacques Audiard fait aussi remarquer : "Je veux bien qu'on me reprenne, mais c'est un fait, il y a peu de femmes à la tête d'un festival", citant une seule exception, pour un petit festival du Colorado.

Sur le sort d'Oleg Sansov, cinéaste ukrainien en grève : "J'ai été très frappé par la tribune  de Littell parue cet été [Dans le journal Le Monde],  j'ai peur que nous apparaissions comme des fantoches, utilisés, mais ça pose la question : quoi faire?"

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