La philosophe publie "Oublier le bien, nommer le mal" et questionne : la morale est-elle à réinventer ? Elle est l'invitée d'Ali Baddou.

La philosophe Laurence Hansen-Love dans le studio de France Inter
La philosophe Laurence Hansen-Love dans le studio de France Inter © Radio France / Capture d'écran

La philosophe Laurence Hansen-Løve "ne pensait pas" à la tragédie d'Alep lorsqu'elle a écrit l'essai "Oublier le bien, nommer le mal". Pourtant, son livre trouve aujourd'hui une résonance toute particulière. "Pour nommer le mal en Syrie, il faut des reporters qui vont sur place, mais aussi des médecins, et des observateurs de l'ONU", explique-t-elle.

"On n'est jamais impuissant face au mal, il faut montrer qu'on n'est pas résigné", explique-t-elle. Et, réagissant aux propos de François Fillon qui a déclaré que "l'indignation n'a jamais sauvé des vies", elle explique que "l'indignation ne sauve certes pas directement des vies, mais que peut-on demander d'autre que le réveil des opinions publiques ?".

"Il faut arrêter de relativiser sans arrêt le mal"

Elle-même a manifesté cette semaine pour la Syrie, et assure qu'elle "ne choisit pas un camp" : "Je n'en sais rien s'il y a des terroristes ou pas à Alep, mais quand je vois des gens, des enfants marcher dans les rues, ça me rappelle les grandes déportations et les mouvements de population", justifie-t-elle.

Terminant sur une note plus pessimiste, elle assume le fait que selon elle, "l'expression "Plus jamais ça" a toujours été une illusion. "Ca" recommence toujours", explique-t-elle, ajoutant que le mal, qu'elle tente de nommer dans son livre, "c'est une catégorie religieuse, ça fait penser à Satan. Alors que le mal ce n'est pas Satan, c'est dans le coeur de l'homme".

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