Francis Wolff, philosophe, est l'invité d'Ali Baddou à 7h50.

Dans son essai "Trois utopies contemporaines" (ed. Fayard), Francis Wolff s'intéresse au post-humanisme qui prétend nier notre animalité et à l'animalisme qui veut faire de nous des animaux. 

"Les utopies en acte du XXe siècle nous empêchent peut-être de rêver à l'idée du bien", estime le philosophe : "Le bien absolu, nous n'y croyons plus".

"On rêve d'une victoire sur la mort, d'une naissance d'une nouvelle espèce, donc d'en finir avec notre animalité (...) Nous ne voulons pas d'une vie finie car nous avons toujours autre chose à désirer, mais imaginez une vie où le désir serait infini" : 

Une vie de désir infini serait une vie de Sisyphe, une éternelle punition

"Nous ne voulons plus seulement devenir des dieux, mais aussi des animaux comme les autres (...) 

Une utopie c'est toujours casser une histoire en deux

Que reste-il à libérer, à l'époque de droits individuels ? "Pour les jeunes de 18 à 25 ans, l'animal aujourd'hui est devenu la dernière victime à libérer, au bout de la chaîne de l'exploitation", considère Francis Wolff. "Il est clair que nous avons des devoirs vis-à-vis des animaux, mais nous ne pouvons pas donner des droits de manière égalitaire".

Et à propos de l'utopie "cosmopolitique" décrite dans son dernier ouvrage, le philosophe estime qu'il est paradoxal, voire choquant de donner les droits aux animaux au moment où on se dérobe du devoir d'hospitalité.

L'amour est un équilibre toujours précaire entre la force de l'amitié, de la passion et celle du désir

Les invités
L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.