Pierre Soulages, peintre, est l'invité de Léa Salamé et Nicolas Demorand à 7h50, à quelques jours de son centième anniversaire et à l'occasion de l'exposition qui lui est consacrée au musée du Louvre.

Pierre Soulages
Pierre Soulages © AFP / Joel Saget

Pierre Soulages fêtera ses 100 ans ce 24 décembre, alors qu'une exposition qui lui est dédiée vient de s'ouvrir au musée du Louvre. "C'est toujours un très impressionnant d'être invité à mettre son travail a côté des chefs-d'Oeuvre qu'il y a au Louvre. Ce n'est pas la première fois, parce qu'il y a eu au Louvre, deux fois ou trois où l'une de mes toiles a figuré dans un accrochage de groupe. Je me souviens d'une grande exposition sur le polyptyque depuis le Moyen-Âge jusqu'à nos jours, mais ça n'avait rien de commun avec une exposition entière", raconte-t-il.

Dans cette exposition, il présente notamment trois toiles inédites, peintes il y a quelques semaines à peine : "Les commissaires m'ont montré leur projet, et ils avaient laissé un mur sans rien, ils étaient un peu en panne. Moi, j'ai dit que je voyais plutôt quelque chose de vertical. Ils ont approuvé.Justement, j'étais en train de peindre des toiles de hauteur de mon atelier à Sète. Et c'est une de ces toiles-là qui a d'abord été choisie. Puis on s'est aperçu qu'il y avait une deuxième qui allait très très bien, et même une troisième". 

Connu comme le peintre de "l'outrenoir", Pierre Soulages explique ce terme qu'il a inventé : "Ce mot signifie un autre monde, comme outre-Rhin, outre-Manche, désignent un autre pays. Outrenoir, c'est ça : c'est un autre monde, atteint par une dimension et surtout par une manière de voir le noir. Outre-noir ne signifie pas ultra noir. On dit que je peins avec du noir. En réalité, je peins avec la lumière réfléchie par des états de surface irréguliers fatalement de la couleur noire. C'est une lumière, et elle touche en nous des couches profondes qui nous habitent et que nous ignorons. Et c'est ce qui m'intéresse". 

Le noir est une couleur très active. Si vous prenez une couleur sombre et que vous mettez du noir à côté, elle parait moins sombre.

Le peintre a eu sa révélation enfant, en visitant l'abbaye de Conques. "Pour moi la peinture était une chose importante qui valait la peine qu'on y passe sa vie (...) A Conques, j'ai vu quelque chose qui m'a transporté : la manière dont l'espace se mettait à exister avec la lumière".

A bientôt 100 ans, l'artiste estime que sa vie a été courte : "Je pense à mes amis qui ne sont plus là, que je pleure. J'ai une pensée émue en pensant qu'ils ne sont plus là. Mais je trouve que ça a été bien court tout ça. Il y a encore beaucoup à faire. J'éprouve un plaisir à voir jusqu'où les verrous me conduisent. Ca continue à m'intéresser".  

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