Stéphane Israel, PDG d'Arianespace, est l'invité d'Ali Baddou à 7h50, à l'occasion du 250e vol d'une fusée Ariane 5, dont le lancement a lieu ce vendredi. Il revient sur la place de l'Europe dans le marché aérospatial.

Ce vendredi, une nouvelle fusée Ariane V décollera de Kourou, en Guyane. Stéphane Israël, président exécutif d'Arianespace, rappelle "qu'un lancement n'est pas une opération comme une autre. C'est l'aboutissement de mois, d'années même, de travail".

Ariane, c'est un lanceur de 780 tonnes et qui fait 50 mètres de haut. Donc, il faut réaliser la puissance de ce qui va se passer au décollage d'Ariane.

"Il faut réaliser que pendant une trentaine de minutes, nous avons entre nos mains des valeurs inestimables et nous avons une très lourde responsabilité sur nos épaules, explique-t-il. Et encore une fois, une fusée, c'est très compliqué. Il y a de la propulsion à poudre, il y a des moteurs liquides, il y a toute une série de pièces. Il faut que tout ça fonctionne et c'est notre métier".

Ariane V prendra bientôt sa retraite, remplacé par une nouvelle génération, Ariane VI. Stéphane Israël assure que ce nouveau projet sera un succès et que "la commercialisation a commencé" grâce à huit contrats, dont quatre pour des institutions européennes et quatre pour des clients privés.

Face à Arianespace, les autres acteurs du marché, et notamment les Américains et les Chinois, se développent aussi. Face à Elon Musk et ses fusées Space X réutilisables, il explique : "Quand il vend à l'État américain, il vend deux fois plus cher que quand il vend au marché. Et son projet aujourd'hui, ce n'est plus simplement un lanceur. Son projet, c'est d'être le constructeur, le lanceur et l'opérateur de 40 000 satellites et donc c'est un projet de monopolisation du secteur et de colonisation de l'orbite basse. La question qui se pose à nous, les Européens, c'est effectivement la façon dont nous allons réagir pour rester dans la course pour rester dans la course".

Le président exécutif d'Arianespace en appelle à tous les dirigeants européens pour que tous leurs satellites soient mis en orbite par des projets européens, Ariane et Vega. "Quand nous mettons à lance un satellite pour Galileo en orbite, c'est deux fois moins cher que quand spécisme le fait pour les Etats-Unis. Et quand nous mettons avec Vega un satellite Copernicus en orbite d'observation de la Terre, c'est aussi deux fois moins cher. Nous voulons tous les satellites européens et nous voulons aussi qu'il y ait toujours davantage d'ambition européenne".

"Nous voulons aller vers la Lune avec Ariane VI : elle peut faire ce type de mission".

Il dit ainsi souhaiter un espace "durable", où l'orbite "basse", la plus proche de la Terre, ne serait pas accaparée par un seul acteur. 

Oui, il y a des satellites qui vont permettre de connecter de plus en plus de Terriens, mais non à un espace qui deviendra une sorte de loi de la jungle

Il refuse ainsi l'idée d'un espace "far west" : "Il y a tout à fait la place dans l'espace, qui est quand même assez vaste pour des constellations. Mais nous refusons que l'on fasse n'importe quoi. Ces satellites devront ensuite, une fois qu'ils auront cessé leur travail, se désintégrer dans l'atmosphère. Proprement, je dirais, et c'est notre souhait, notre mobilisation". 

  • Légende du visuel principal: Stéphane Israel © AFP / Eric Piermont
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