Peut-on être durablement heureux ? C'est à cette question que tente de répondre le Philosophe dans son dernier livre. L'ancien Ministre est l'invité d'Ali Baddou

Luc ferry, Conférence sur la transmission du savoir à Nancy, 8 novembre 2016
Luc ferry, Conférence sur la transmission du savoir à Nancy, 8 novembre 2016 © Maxppp / /NCY

Peut-on être durablement heureux ? C'est à cette question que tente de répondre le Philosophe dans son dernier livre. L'ancien Ministre est l'invité d'Ali Baddou ce vendredi matin, au lendemain de l'ultime débat de la primaire entre Alain Juppé et François Fillon.

Invité à réagir sur ce débat, Luc Ferry a jugé qu'il s'agissait d"un "très bon débat, on a beaucoup de chance" en regard notamment à la situation américaine. "On a évité hier soir quelque chose qui était complètement présent jusqu'à la semaine dernière, le populisme".

Sur les questions d'éducation, là où François Fillon a dénoncé des programmes scolaires qui n'évoquent plus "Clovis, Jeanne d'Arc, Voltaire et Rousseau", Luc Ferry, qui a été ministre de l'Education nationale, juge qu'effectivement, "la première mouture des programmes de 4e était absolument scandaleuse", mais que depuis elle a été corrigée "après que nous avons fait une pétition".

"Il faut en finir avec ces programmes idéologiques"

Selon Luc Ferry, "à 90% les programmes de Fillon et Juppé sont les mêmes". Mais selon lui "la France est divisée en trois tiers, un tiers de Front national, un tiers de droite républicaine, et un tiers de gauche (...), et celui qui arrivera à l'Elysée en 2017 ne représentera positiviement que 20% des Français, d'où le fait que Juppé a raison de dire qu'il faut élargir l'assiette, et Fillon a raison de dire qu'il faut un choc assez radical".

"Ce que je souhaite, c'est qu'on ait un vrai débat, que Manuel Valls soit candidat à gauche face à Juppé ou Fillon. Ca serait autre chose que Trump et Hillary".

Les politiques doivent-ils promettre le bonheur ? "Non, surtout pas, pitié !" répond Luc Ferry. Mais ils doivent "promettre de favoriser la réussite de chacun d'entre nous", dit celui qui croit qu'on "n'a qu'une seule vie". "Ce que peuvent faire les politiques, c'est que nous ne soyons pas obligés de les rater, faire en sorte qu'on ne soit pas plombés dès le départ".

"Être bête, égoiste et avoir une bonne santé : voilà les trois conditions pour être heureux, mais une seule vous manque et tout est fichu", disait Flaubert. "Je suis très critique à l'égard de mes amis, qui défendent l'idée du bonheur par soi, je trouve cela exaspérant : le bonheur ne dépend pas de notre état d'être intérieur, mais il dépend aussi de l'état du monde", affirme Luc Ferry,

"Il est impossible d'être heureux quand le monde est malheureux. Je ne crois pas à cette philosophie positive".

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