Ziad Doueiri, réalisateur libanais, est l'invité d'Ali Baddou à 7h50. Il est le réalisateur du film "L'Insulte", en compétition pour les Oscars cette année. Un film qui commence par une simple insulte entre deux citoyens libanais, qui dégénère jusqu'au plus haut point.

Ali Baddou reçoit Ziad Doueiri dont le dernier film L'insulte, nommé aux Oscars dans la catégorie meilleur film étranger, sort en salles mercredi prochain. Partant d'une banale altercation entre deux hommes qui devient une affaire nationale, le film dépeint une société libanaise encore profondément marquée par les fantômes de la guerre civile. 

Cette situation, Ziad Doueiri l'a presque vécue : "J'étais à Beyrouth en train d'arroser les cactus, il y a eu une fuite de ma gouttière, il y a eu des insultes, j'ai reconnu son accent palestinien, et là, j'ai dit la grosse insulte, "Ariel Sharon aurait dû vous exterminer". Joëlle Touma, la coscénariste du film, qui était derrière moi m'a dit que je ne pouvais pas dire ça, je me suis excusé, et l'histoire était réglée". C'est deux jours plus tard que l'idée du film arrive : "Je me suis dit que cette histoire aurait pu être merdique : et si mon histoire commençait par un incident anodin et ne se terminait pas par des excuses ? On s'est demandé si un truc pareil était crédible. Et c'est absolument crédible, on connait le pays".

Car pour le réalisateur, "on est au Liban, où les choses peuvent dégénérer très vite" : "J'ai vécu une enfance comme ça, pendant la guerre et après la guerre, mon père me disait toujours de faire attention à ce que je disais, ne pas toucher à la religion, à certaines races. Mon père me disait : tu as une grande gueule, ferme ta gueule, c'est comme ça que les guerres commencent, par des mots", raconte-t-il. 

Ziad Doueiri raconte son retour au Liban après 18 années passées aux Etats-Unis : "J'ai réexaminé mes propres croyances, comment j'ai été élevé et comment j'ai retourné la pierre. Avec la distance, on a envie de se demander qui est cette personne qu'on nous a toujours présentée comme l'ennemi", dans ce pays "qui reste très faible mais qui est le seul à avoir résisté à la pénétration de Daech, parce que le peuple libanais a déjà connu la guerre civile dans les années 70 et ne veut pas le vivre à nouveau". 

Le précédent film de Ziad Doueiri, "L'Attentat", a fait polémique : "Je l'ai tourné en Israël. Dans la loi libanaise, il est interdit pour un citoyen libanais de rentrer en Israel. L'Etat a tourné la page. Mais il y a eu une délation de la part d'un groupe qui appelle au boycott. Ils ont gagné la bataille, le film a été interdit dans 22 pays arabes, mais c'est stupide qu'ils n'aient pas eu la chance de le voir". Le cinéaste se félicite, toutefois, que le gouvernement libanais ait autorisé le nouveau film, "L'Insulte", qui concourra aux Oscars dans la catégorie du Meilleur film en langue étrangère. 

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Ziad Doueiri © AFP
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