Pour le philosophe, la France et la gauche en particulier, a abandonné au FN le monopole invraisemblable de la défense de l'identité française. Il est l'invité d'Ali Baddou.

André Comte-Sponville en 2011
André Comte-Sponville en 2011 © AFP / ULF ANDERSEN

Que pense le philosophe de la campagne présidentielle actuelle ? Pas forcément que du bien. "C'est une campagne à la fois fascinante et inquiétante", explique-t-il. Notamment par son résultat jusqu'ici, ce second tour entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Pour lui, il y a un risque que la candidate du Front national soit qualifiée à l'issue du scrutin : "Si tout le monde pense qu'Emmanuel Macron va gagner, Marine Le Pen risque de passer par accident !"

Comment explique-t-il les passions que déchaîne cet entre-deux-tours ? Rien de nouveau selon André Comte-Sponville : "La politique a toujours été plus une question d'émotions que de raison." Mais il dit ne pas comprendre le "déferlement de haine" contre "le malheureux Emmanuel Macron", estimant qu'objectivement, "il n'y a rien dans cet homme de haïssable".

Il estime en revanche que pour combattre les idées du Front national, il ne faut pas se placer du côté de "la morale contre la raison", en expliquant que le programme de Marine Le Pen comprendrait de bonnes solutions qu'il ne faudrait pas appliquer pour des questions de morale. À l'inverse, "il faut expliquer aux Français que la politique qu'elle propose est le contraire de leurs intérêts", citant pêle-mêle la sortie de la zone euro ou la fin de l'immigration, qui auraient selon lui plus d'effets négatifs que positifs.

Enfin André Comte-Sponville regrette un certain manque "de réflexion, de recul, de calme, de modération". "On me reproche parfois d'être trop modéré... Mais je préfère être trop modéré que trop extrémiste."

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