Le réalisateur, scénariste et auteur-dessinateur de BD, Riad Sattouf, est l'invité d'Ali Baddou à l'occasion de la parution du 4ème tome de la série "L'arabe du Futur" (éditions Allary).

"'L'arabe du futur', c'est l'histoire de la fascination d'un enfant pour son père" explique Riad Sattouf, qui sort ces jours-ci le quatrième tome de sa série autobiographique, et revient sur la personnalité de son géniteur : "Un des grands jours de la vie de mon père c'est le jour ou Saddam Hussein a envahi le Koweit, [parce que] c'était l'archétype du leader qui redonnait sa grandeur au monde arabe."   

Il a été extrêmement blessé, humilié, quand Saddam Hussein a été vaincu, c'est comme si lui même avait été touché, et c'est à partir de ce moment là qu'il a commencé à perdre les pédales  

"Mon père était un arabe d'extrême-droite, qui considérait que le plus grand homme politique français, c'était Le Pen", poursuit le dessinateur qui représente aussi son père comme "une sorte de Bruno Gollnisch arabe."  

Éric Zemmour, à bien des égards, me rappelle mon père, sûr de lui, avec une logique qui ne résiste pas cinq minutes à la réflexion

Avec un nom comme Sattouf, c'était pas facile de passer pour un Français moyen : c'était ridicule

Écartelé entre deux identités, Sattouf l'était aussi entre deux visions de la masculinité. Dans son livre , il raconte aussi à quel point son grand-père était "obsédé sexuel" et avait "très peur qu'il ne devienne homo" : "Il passait son temps à me montrer les femmes dans la rue."

Dans 'l'Arabe du Futur', je raconte aussi comment, en tant que garçon, on est toujours stimulé pour faire des trucs de garçon

Je n'étais pas considéré comme un homme valable

"L'arabe du futur, c'était la vision de mon père, ce qu'il me lançait quand j'allais à l'école. Pour lui l'arabe d'hier était non-éduqué : j'ai eu le choix entre prendre des cours de guitare ou des cours d'arabe, j'ai choisi guitare."

Légende du visuel principal:
Riad Sattouf © AFP / ALAIN JEAN-ROBERT
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