Alors qu'elle vient de publier "Les Veilleurs de Sangomar", l'écrivaine Fatou Diome est l'invitée d'Ali Baddou à 7h50.

L'écrivaine Fatou Diome vient de publier Les Veilleurs de Sangomar (Albin Michel) un récit qui revient sur le naufrage du Joola, en septembre 2002 au large du Sénégal, faisant environ 2 000 morts. "Quand il y a des tragédies, comme ça, on en parle dans l'actualité, puis il y a le procès. Mais je ne voulais pas aller au tribunal, explique-t-elle. Je voulais m’intéresser à la chambre à coucher, là où les gens sont face à leur blues. Comment on comble les béances d’une vie pour continuer à marcher".

"C’est une tentative pour moi de rendre hommage aux personnes disparues, ajoute Fatou Diome. Il y a des des blessures que la justice ne pourra soigner. C’est philosophiquement qu’il faudra guérir".

Interrogée sur les propos tenus dans le journal Le Monde, où elle affirmait que la rengaine sur la colonisation et l'esclavage était devenue un fond de commerce, l'écrivaine s'explique : "Je suis née libre. J'ai hérité des fruits de la négritude. Il faut l’entériner. Si je dis que je suis colonisée, j’invalide le travail de Senghor et Césaire. J’ai beaucoup trop de respect pour eux pour ça. On risque moins à critiquer l’esclavage qu’à critiquer la politique de l’immigration actuellement. Affrontons les problèmes d’aujourd’hui!", lance-t-elle.

Fatou Diome ajoute : "Je connais mon histoire, je la revendique, mais je ne veux pas que ce soit un sac à dos qui me retienne. Je veux que ce soit un socle depuis lequel bondir pour aller vers l’avenir"

  • Légende du visuel principal: Fatou Diome © AFP / Nicolas Maeterlinck
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