L'autrice-compositrice-interprète Angèle est l'invitée de la matinale de France Inter. Elle revient sur sa fulgurante ascension, sur ses concerts à l'AccorHotels Arena, sur ses engagements, ses chansons, et interprète le titre "Ta Reine" en live.

Angèle avait promis de s'arrêter après son concert à l'AccorHotels Arena, devenu une série de quatre concerts. A quelques jours des Victoires de la Musique où elle est nommée dans trois catégories, elle a annoncé qu'elle prolongerait finalement son spectacle avec une tournée des festivals cet été. "Je me suis dit que ce serait trop bête d'avoir mis autant d'énergie dans un show et de ne pouvoir le jouer qu'un mois et demi, car j'ai encore changé la scénographie il y a quelques mois", explique-t-elle. 

Elle fera donc une pause de quelques semaines, bien loin de la coupure nette, voire du burn-out, que prédisaient certains commentateurs : "Merci de faire attention à moi, mais non. A un moment je me suis dit que j'allais peut-être m'arrêter... et tout ça s'est transformé en 'j'arrête ma carrière'. C'est juste qu'il faut que j'écrive des choses un peu intéressantes, et je ne sais pas très bien ce que je vais pouvoir raconter si je suis tout le temps en tournée". Le jour d'après, elle ne veut pas y penser, pas encore : "On fera la fête, pour que le lendemain je me dise que je suis juste fatiguée, et après, je vais m'occuper... et surtout, je vais passer plus de temps à Bruxelles". 

L'une des particularités de la carrière d'Angèle, c'est une grande liberté de travail qu'elle a su imposer au milieu qui l'entoure, là où d'autres mettent des années à conquérir leur indépendance. Une conviction issue de ce qu'elle a vu, plus tôt, dans sa famille : "J'ai des parents artistes, un frère rappeur, ça m'a amené beaucoup de soutien et une bonne connaissance du travail, de ce que cela représente". La pression du milieu, les dangers qui entourent le métier, elle les connait, dit-elle, alors elle a cherché à ne pas se laisser enfermer dans une case. "J'ai eu la chance de m'entourer des bonnes personnes, notamment de mes managers, qui m'ont aidée à suivre ce but que j'avais, d'être la plus indépendante possible. J'ai monté mon label, ma boîte d'édition", explique Angèle. 

Autrice-compositrice, elle a rapidement été érigée en icône. Pourtant, quand elle écrit "Balance ton quoi ?" il y a deux ans, "cela partait juste d'un sentiment de vouloir expliquer que quand on est une femme, on grandit avec une vulnérabilité que la plupart des hommes ne peuvent pas comprendre (...) : en fait, cette crainte que j'avais, dans les transports, dans la rue, c'était un poids, que je partageais avec quasiment la totalité des femmes qui m'entouraient". Elle reconnait qu'à l'époque, elle ne connaissait pas grand chose aux combats féministes, qu'elle a découverts aux côtés de la photographe Charlotte Abramow et de la maquilleuse Ophélie Secq. 

"C'est là que j'ai compris que c'était du sérieux, que le féminisme est un combat. C'est rigolo, d'être devenue malgré moi une icône alors que moi-même j'ai appris tout en faisant".

Angèle, qui partage avec ses fans ses engagements, ses doutes, ses joies, sent-elle sur ses épaules une responsabilité forte ? "Oui et non", répond-elle. "Je ne crois pas que ce que j'écris soit la "bonne parole". Que ce soit en parlant de féminisme, de téléphone, d'amour, de rupture ou d'insomnie, je parle vraiment de quelque chose de très personnel à la base. C'est un questionnement avant d'être une prise de position. Ca devient malgré moi une prise de position, et ça en devient presque politique. Je n'ai pas envie de me dire que c'est une responsabilité parce que ça voudrait dire que je devrais être irréprochable alors que j'ai 24 ans", explique-t-elle.

  • Légende du visuel principal: Angèle © Getty /
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