Étienne Ollagnier, cogérant de la société de distribution de films "Jour 2 fête", et président du syndicat des distributeurs indépendants, est l’invité de Mathilde Munos.

Etienne Ollagnier, au centre
Etienne Ollagnier, au centre © AFP / Gaizca Iroz

"On a pris le parti de ressortir le film "Un fils" de Medhi Barsaoui plus tard, et on espère que ce sera la même chose pour les films sortis la semaine de confinement" explique le distributeur. "Il y a une vrai solidarité dans toute la filière, beaucoup de discussions interprofessionnelles, et une volonté de reprendre le marché comme il s'est terminé". Mais Étienne Ollagnier reconnait aussi : "Avant de réorganiser les sorties nationales, il va falloir tout préparer, ça va pas être évident à gérer, on y réfléchit tous ensemble, à ce décalage".

Sa société "jour 2 fête" a vu aussi annuler la sortie d'un autre de ses films prévu cette semaine, "La nuit venue" de Frédéric Farrucci, qui sera aussi décalé à l'été.

La VOD, une solution temporaire ?

À propos des sorties vidéo, il explique : "Le CNC prend des mesures exceptionnelles pour que certains films sortent en VOD, pour d'autres, ça peut être plus complexe, ça ne remplacera pas les résultats qu'on a en salle : la VOD ne peut pas sauver un film, pas encore". Pour le distributeur, "la chronologie des médias est toujours le socle du financement du cinéma en France", quand la recette VOD reste faible. Il cite en exemple le succès en salles de "Papicha" (270 000 entrées), qui n'a réalisé que 15000 vues une fois sorti en VOD.

Étienne Ollagnier s'attend à des pertes lourdes, qui pourraient se chiffrer en plusieurs centaines de milliers d'euros, "les équilibres sont fragiles, avec beaucoup de sociétés indépendants, en grande difficulté sans aide de la part de l'état ou du CNC pour sauver la filière.

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.