Les clubs sportifs amateurs sont en danger à cause de la crise, surtout ceux qui se trouvent dans les quartiers populaires. Le Grenelle de l’inclusion par le sport se tient à Garges-lès-Gonesse. Son maire, Benoit Jimenez, et Khalid Zaouche président du boxing club de la ville, sont les invités de Mathilde Munos.

Sauver le sport qui se meurt dans les quartiers populaires à cause de la crise : c’est l’objectif d’un Grenelle organisé aujourd’hui à Garges-lès-Gonesse, dans le Val d’Oise. 80 élus locaux vont se réunir pour faire des propositions en espérant attirer l’attention du gouvernement sur ce sujet.

"Le sujet, c'est que les propositions déjà faites ne sont pas à la hauteur des espérances des maires", estime le maire de Garges-lès-Gonesse, Benoit Jimenez, qui attend la ministre des Sports celui pour lui présenter les propositions concrètes qu'ils ont à faire : "Les dirigeants, les bénévoles, les éducateurs, apportent bien plus que leur simple discipline, ils font aussi un gros travail d'insertion professionnelle. "

Dépasser le simple cadre de la pratique sportive

"On est à la fois le grand frère, l'éducateur, le coach sportif, ici on fait aussi un travail sur la médiation culturel, parce que les jeunes nous font confiance, on dépasse le cadre de la pratique sportive" confirme Khalid Zaouche président du boxing club de la ville. "On a initié nos jeunes à la méritocratie pour ceux qui marchent bien à l'école" raconte celui qui a mis en place un salut du groupe à ceux qui ont de bonnes notes chaque trimestre , "et ça marche très bien". 

"On s'appuie sur ceux qui réussissent pour être des modèles pour l'école",  explique Khalid Zaouche dont le club compte 4 jeunes filles championnes de France de boxe olympique : "Sur 250 adhérents, on a plus de 70 jeunes filles, une réussite en terme de mixité". 

Pourtant, les conséquences de la crise sanitaire sont dramatiques pour ces clubs : "On a perdu 40% de nos adhérents depuis le début de la crise, qui ne se sont pas réinscrits : les parents ne veulent pas payer une cotisation dans le vide. Dès mi octobre, il n'y avait plus d'entrainement. "

Gommer les déséquilibres entre quartiers

"C'est une catastrophe qui ne porte pas son nom. Le monde amateur est en train de mourir, une digue républicaine dans nos quartiers est en train d'exploser" alerte encore Khalid Zaouche.  

Les mesures les plus rapides à mettre en place ont pour objectif d'accompagner 250 000 jeunes,  explique le président du boxing club, avec la mise en place de 5000 coachs d'insertion, pour accompagner au mieux les jeunes dans les quartiers populaires et gommer les déséquilibres : "Dans les quartiers populaires, on a 1/3 d'équipements sportifs en moins qu'ailleurs". 

"Paris 2024 est un moteur, que nous attendons tous, mais le Val d'Oise est le grand oublié", poursuit celui qui compte sur cette formidable occasion pour que les jeunes puissent se former, faire du réseau, trouver un emploi:  "Mais pour l'instant ces clubs ne se sentent pas impliqué : Paris 2024 est encore loin" déplore celui qui espère que le gouvernement pourra faire pencher la balance. 

  • Légende du visuel principal: Club de foot amateur en région parisienne © AFP / Philippe Lissac / Photononstop
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