La réforme de l'assurance chômage est relancée : 40% des demandeurs risquent de voir leurs droits diminuer. Pour évoquer ces nouvelles mesures, Marylise Léon, secrétaire générale adjointe de la CFDT, est l'invitée de Mathilde Munos à 6h20.

Marylise Léon doit participer demain à la dernière réunion de négociation avec le gouvernement sur la réforme de l’assurance-chômage, qui va selon elle fortement pénaliser les plus précaires des chômeurs : "Le principe est d'aller au bout de la discussion, même si on est pas dans la négociation, puisque c'est le gouvernement qui a les cartes en main", dit celle qui veut faire que ces mesures ne rentrent pas en vigueur car elles sont "extrêmement dures pour les chômeurs". 

Quand cette réforme a été élaboré, en 2018, c'était à partir de deux principes, "faire des économies, et en baissant les allocations, on pensait que les chômeurs iront plus vite retrouver un emploi, ce qui sous-tend une forme de stigmatisation des chômeurs, en pensant que pour certains c'est un choix", alors que "cela peut toucher ceux qui enchaine les contrats courts, qui n'ont que ça, et qui ont moins de mille euros par mois". 

Une réforme basée sur le contexte favorable de 2019

Sur le système de bonus/malus appliqué aux entreprises : ça ne concerne pas tout les secteurs d'activités, pas le bâtiment ni la restauration, qui est à l'arrêt. "On va pourtant leur expliquer qu'il faut aller bosser pour avoir une allocation qui leur permette de vivre" déplore la secrétaire générale adjointe de la CFDT, qui rappelle qu'il y a 4 mesures, dont le bonus malus et le salaire journalier, inscrites dans le marbre, et deux autres, mises en oeuvre selon la conjoncture : l'entrée dans le régime et la dégressivité pour les salaires élevés, qui pourrait entraîner la baisse des allocation de 30%. 

Pour elle cette réforme est "basée sur des conditions de 2019, encore très défavorables. L'important c'est de faire en fonction du contexte : là, on est à un moment ou il y a énormément d'incertitudes, le gouvernement fait un pari très risqué en mettant en oeuvre cette réforme. Autant remettre tout à plat, le plus dur reste à venir". 

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