Durement touché par les mesures de confinement face au coronavirus, le secteur de l'hôtellerie-restaurant craint qu'une partie des entreprises ne se relève pas après la crise sanitaire.

Façade du "Diplomate", un restaurant français à Washington, fermé actuellement le temps de la pandémie de coronavirus
Façade du "Diplomate", un restaurant français à Washington, fermé actuellement le temps de la pandémie de coronavirus © Getty / Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

"Il y aura inévitablement des faillites", regrette Hervé Becam, vice-président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), secteur ou "90%" des sociétés sont des très petites entreprises. 

"On ne sort pas indemne" d'une telle crise explique-t-il. "Dans les très petites entreprises, la trésorerie c'est la recette du jour. Quand il n'y en a pas pendant dix jours, un mois, il est difficile d'envisager que tout le monde en ressortira indemne.

Selon Hervé Becam, "une bonne moitié" des entreprises du secteur sera en difficulté à la sortie du confinement

Aujourd'hui, 92% des établissements sont fermés. "Ce sont essentiellement des hôtels qui restent ouverts et qui sont mis à disposition des services de santé et des sans-abris, réquisitionnés ou disponibles pour de l'hébergement d'urgence.

L'hôtelier craint également les futurs comportements des touristes à la fin de la pandémie : "On peut être très inquiets sur le fait de voir un grand nombre de touristes ne pas choisir la destination France, ou toute autre destination d'ailleurs."  

"Ce n'est qu'à la sortie que l'on pourra juger"

Si l'Umih, organisation professionnelle des cafés, hôtels, restaurants, établissements de nuit, indépendants en France, "loue les efforts" du gouvernement pour trouver des mesures de nature à aider et sauver les entreprises en difficultés, "ce n'est qu'à la sortie que l'on pourra juger si elles auront été suffisantes", estime Hervé Becam. "Mais elles sont précieuses notamment en matière de trésorerie et les banques répondent présentes à l'appel des TPE."

Les hôtels-restaurants regrettent en revanche le manque de soutien des assureurs qui ne prennent pas en compte les maladies type coronavirus dans les contrats d'assurance. 

Les sociétés d'assurance "sont absentes de l'effort collectif et de la solidarité nationale que l'on attendait de leur part", regrette Hervé Becam qui estime que les 200 millions d'euros que la Fédération française des assurances a promis de verser au fonds de solidarité "n'est pas ce qu'on pouvait espérer de ces assurances qui coûtent cher aux entreprises tout au long de l'année". 

Hervé Bécam, vice président national de l'Umih
Hervé Bécam, vice président national de l'Umih © Maxppp / Vincent Durupt
Les invités
  • Hervé BecamVice-président de l’Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (UMIH)
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